Études

Enquête sur les allocataires qui travaillent : quelles motivations à être en emploi ? Se sentent-ils contraints ou libres de leurs choix ?

23 mai 2019
Par
Unédic
Après une première publication sur les profils des allocataires en emploi (qui sont-ils et quelles sont leurs activités), l’Unédic documente dans un deuxième volet leur vécu de cette situation. Quelles sont leurs motivations à travailler tout en étant bénéficiaires de l’Assurance chômage ? Comment vivent-ils leur situation ? Se sentent-ils plutôt contraints ou libres de leurs choix ?

Depuis 20 ans, la part d'allocataires de l’Assurance chômage qui travaillent ne serait-ce que quelques heures au cours du mois a plus que doublé : elle représente près d'un demandeur d'emploi indemnisable sur deux, soit 1,7 million de personnes fin 2017. Pour approfondir la connaissance de ces allocataires, l’Unédic a conduit en août 2018 une enquête quantitative auprès d’un échantillon de 5 000 allocataires qui ont travaillé au moins une heure en juin 2018.

Un premier volet de l’enquête, publié en mars 2019, avait mis en lumière leurs profils socio-démographiques et la nature de leurs activités. Ce 2ème volet restitue les résultats de l’enquête concernant leurs motivations à reprendre un emploi et leur vécu vis-à-vis de l’emploi et du chômage.

De prochaines publications rendront compte des résultats de l’enquête portant sur l’accompagnement des allocataires qui travaillent.

Principaux enseignements

Les motivations à travailler tout en restant bénéficiaire de l’Assurance chômage sont multiples : une majorité des allocataires interrogés évoque le souhait de gagner de l’argent (61 %), certains souhaitent se donner plus de chances pour être embauchés par la suite (40 %) et/ou se sentir actifs, utiles (32 %).

57 % de ces allocataires qui travaillent n’ont pas été indemnisés en juin 2018 puisqu’ils ont suffisamment travaillé ce mois-là pour qu’aucune allocation ne leur soit versée. Ils sont cependant restés inscrits parce que la démarche d’actualisation mensuelle sur le site de Pôle emploi est simple à faire et qu’ils jugent que leur situation sur le marché du travail n’était pas suffisamment stable.

Malgré une bonne compréhension des principes du cumul, la connaissance des règles d’indemnisation par les allocataires qui travaillent est approximative, surtout en ce qui concerne l’articulation de l’indemnisation chômage avec les autres prestations sociales.

Sur 100 allocataires qui ont travaillé en juin 2018, 40 ont travaillé 150 heures ou plus, c’est-à-dire l’équivalent d’un temps plein, 41 ont travaillé un volume d’heures plus faible et auraient souhaité travailler davantage. Enfin, 19 ne souhaitaient pas travailler plus ce mois-là.

Les motifs évoqués par les 19 personnes sur 100 ne souhaitant pas travailler plus sont divers, dont principalement :

  • 7 personnes disent ne pas « avoir pu » travailler plus : elles considèrent que leur emploi du temps professionnel était déjà complet, soit parce qu’elles ont repris un travail à temps plein mais en cours de mois, soit parce qu’elles avaient des temps de transport importants.
  • 5 évoquent des raisons d’ordre personnel : 3 disent avoir dû s’occuper de personnes à charge. On retrouve dans ce cas beaucoup de femmes, de familles monoparentales, de personnes entre 30 et 50 ans ; 2 témoignent de problèmes de santé qui les empêchaient de travailler plus.
  • 3 personnes, plus diplômées et plus jeunes que la moyenne, souhaitaient garder du temps libre pour leurs activités personnelles et 1 dit que ça ne valait pas le coup financièrement de travailler plus.

S’agissant de la façon dont elles apprécient leur contrat de travail, les deux tiers des personnes en CDD ou en contrat d’intérim préféreraient un CDI (68 %), la plupart du temps afin de se projeter dans l’avenir ou d’avoir une plus grande stabilité de leurs revenus. Celles qui souhaitent au contraire rester en contrat à durée limitée, beaucoup moins nombreuses (12 %), évoquent principalement la volonté de garder une certaine liberté vis-à-vis de leur employeur.

Méthode de l’enquête

Cette enquête quantitative a été conduite auprès de 5 002 allocataires de l’Assurance chômage qui ont travaillé au moins une heure au mois de juin 2018. Les règles de cumul allocation-salaire qui s’appliquaient aux personnes interrogées sont donc celles en vigueur depuis la convention d’assurance chômage du 14 mai 2014 (reconduites par la convention d’assurance chômage du 14 avril 2017). Le terrain s’est déroulé en août et septembre 2018.Les réponses au questionnaire (par internet et par téléphone) ont été redressées selon la méthode des quotas sur les variables suivantes : sexe, âge, sexe/âge, diplôme, région et taille d’agglomération.

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