Études

Les allocataires frontaliers : quel profil ? Quelles caractéristiques d’indemnisation ?

28 mai 2020
Par
Boris Koehler
Emilie Daudey
Unédic
Ils résident en France et travaillent de l’autre côté de la frontière. On les appelle les travailleurs frontaliers. Depuis le début des années 90, leur nombre a presque doublé. Majoritairement attirés par l’attractivité des salaires, ils travaillent principalement en Suisse (la moitié d’entre eux), au Luxembourg, en Allemagne et en Belgique. Quand ils perdent leur emploi, ils sont indemnisés par le pays de résidence. Les travailleurs frontaliers résidant en France sont ainsi pris en charge par l’assurance chômage française. Quel est leur profil ? Quel est leur niveau d’allocation ? Quels sont leurs droits au chômage ?

Selon les données de 2013, ces demandeurs d’emplois frontaliers indemnisés par l’Assurance chômage – désignés comme les allocataires frontaliers – représentaient 1,3 % des allocataires indemnisés en France, soit environ 30 400 personnes. En 2018, ils étaient 38 200.

Quel est le profil de l’allocataire frontalier ?

La proportion d’allocataires frontaliers indemnisés par rapport à l’effectif global est proche de celle observée dans le reste du pays, autour de 9 %. Toutefois, leur profil se distingue de celui des autres allocataires. On constate notamment une population plutôt masculine : c’est notamment le cas pour ceux travaillant en Belgique (67 % d’hommes), en Suisse (64 %) ou en Allemagne (63 %).

Les allocataires frontaliers sont aussi légèrement plus jeunes, notamment parmi les belges et luxembourgeois. Les 25-29 ans sont surreprésentés par rapport au reste de la population active française. Exception notable des allocataires frontaliers allemands qui sont eux au contraire nettement plus âgés : 58% d’entre eux ont plus de 50 ans, contre 23% chez les allocataires de zone frontalière . Cette spécificité s’explique par la baisse de l’effectif des salariés résidant en France qui travaillent en Allemagne. Les nouvelles générations, souvent moins germanophones, préfèrent travailler en Suisse où les salaires sont plus attractifs.

De nationalité française pour plus de 90 % d’entre eux, les allocataires frontaliers, ont un niveau de diplôme équivalent au reste de la population française (environ 40% ont au moins le Bac), à l’exception des frontaliers belges et allemands, plutôt moins diplômés (33% ont au moins le Bac parmi les frontaliers belges et 22% parmi les frontaliers allemands)

Comment sont-ils indemnisés ?

Le niveau de salaire des frontaliers est plus élevé que celui des salariés qui travaillent en France. Par conséquent, après la perte de leur emploi, ils perçoivent en moyenne une allocation chômage plus élevée. L’allocation journalière moyenne des allocataires frontaliers suisses est ainsi de 90€ brut contre 39€ pour l’ensemble des allocataires français. Ainsi, s’ils ne travaillent pas du tout dans le mois, les allocataires frontaliers suisses perçoivent en moyenne 2738€ par mois contre 1175 € pour le reste de la population.

La durée d’indemnisation est également plus longue pour les allocataires frontaliers. Cela s’explique par le fait qu’ils subissent davantage de ruptures de contrats à durée indéterminée, leur ouvrant ainsi des périodes d’indemnisation plus longues. On observe notamment ce phénomène en Suisse (77 % de ruptures de CDI) et en Allemagne (73 % de ruptures de CDI).

Quels sont les emplois recherchés par les frontaliers ?

Les allocataires frontaliers recherchent le plus souvent des emplois dans les secteurs de l’industrie, de la construction, du support à l’entreprise et des transports. Les frontaliers allemands sont ainsi 32 % à rechercher un emploi dans l’industrie, contre 15 % parmi les autres allocataires de la même zone géographique. On note, a contrario, que les allocataires frontaliers sont moins nombreux à chercher un emploi dans le secteur des services à la personne : 8 % contre 20 % dans le reste de la population.

Enfin, l’étude révèle que les allocataires frontaliers ne se forment pas davantage que le reste de la population. Ils privilégient des formations de plus courte durée, notamment en Allemagne où les formations sont 44% plus courtes que dans le reste de la zone frontalière.

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