Études

Comment sont indemnisés les demandeurs d’emploi en Espagne ?

18 décembre 2020
Par
Unédic
Après l’exploration du système d’indemnisation du chômage aux Etats-Unis, retour en Europe pour observer le régime espagnol. En Espagne, l’assurance chômage fait partie du régime de protection sociale obligatoire. Financé en majorité par les cotisations des salariés et des employeurs, il assure aux demandeurs d’emploi un revenu de remplacement dont le montant est dégressif après 6 mois d’indemnisation. Les demandeurs d’emploi qui n’ont pas ou plus droit à cette allocation chômage contributive peuvent bénéficier d’une allocation chômage de nature assistancielle.

Un taux de chômage élevé, notamment parmi les jeunes

En septembre 2020, l’Espagne affichait un taux de chômage de 16,5%, le deuxième plus élevé d’Europe après la Grèce. Du fait de la crise de sanitaire, ce taux a grimpé de près de 3% depuis fin 2019 (13,7% en décembre 2019).

Le taux de chômage des jeunes se situe parmi les plus élevés d’Europe. Depuis 2013, de nombreuses politiques publiques visant à favoriser l’emploi des jeunes ont permis de faire baisser de 5% ce taux (37, 8% en 2009 contre 32,6% en 2019).

L’Espagne compte également un pourcentage élevé de travailleurs intérimaires (26,3% en 2019 contre 13,6% en moyenne dans le reste de l’Europe), mais affiche une proportion plus faible de personnes en contrat à temps partiel (13,2% en 2019 contre 16,5% en moyenne dans le reste de l’Europe).

Un régime d’indemnisation du chômage à deux niveaux

Le système de protection sociale espagnol s’inscrit dans une logique mixte, à la fois assurancielle et assistancielle. Ces deux régimes sont financés par les cotisations des salariés et des employeurs ainsi que par l’impôt dans une moindre mesure.

Le régime d’assurance chômage est ouvert à tous les travailleurs salariés dès lors que leur situation respecte les conditions d’affiliation suivantes :

  • avoir travaillé au moins 360 jours calendaires durant les 6 dernières années ;
  • être affilié à la sécurité sociale, être au chômage et disponible à la recherche d’emploi ;
  • ne pas exercer d’activité indépendante ;
  • ne pas avoir atteint l’âge de la retraite.

Si ces conditions sont réunies, le bénéficiaire perçoit un revenu de remplacement correspondant à 70% de son salaire de référence pendant les 6 premiers mois. A partir du 7ème mois, le montant de l’allocation est réduit à hauteur de 50% du salaire de référence.

La situation familiale est également prise en considération pour déterminer la valeur du montant minimal et maximal de l’allocation. Ainsi, un demandeur d’emploi sans charge de famille percevra une indemnisation moindre qu’un autre avec des enfants à charge.

Le calcul de la durée de droits repose sur le principe de calcul suivant : 3 mois d’affiliation ouvrent 1 mois de droit. La durée de l’indemnisation peut s’échelonner entre 4 mois et 2 ans maximum.

Les demandeurs d’emploi en fin de droits ou ceux dont la situation ne respecte pas les conditions d’attribution de l’allocation d’assurance chômage peuvent bénéficier d’une allocation forfaitaire d’assistance chômage.

Pour percevoir ce revenu d’assistance, les bénéficiaires doivent réunir les conditions suivantes :

  • être sans emploi ;
  • ne pas bénéficier de l’allocation contributive ;
  • être inscrit comme demandeur d’emploi et avoir signé un engagement d’activité ;
  • percevoir des ressources inférieures à 75% du salaire minimum.

Le montant de cette allocation forfaitaire s’élève à 430, 27€ par mois. La durée d’indemnisation varie entre 3 et 30 mois en fonction de la durée de cotisation, l’âge du bénéficiaire et la situation familiale.

Infographie - l'indemnisation du chômage en Espagne et en France

 

LA NEWSLETTER DE L’UNÉDIC

Restez informé de l’actualité de l’Assurance chômage et des analyses de l’Unédic.

LES ALERTES INFOS DE L’UNÉDIC

Recevez une alerte mail à chaque nouvelle information publiée par l’Unédic (actualité ou publication).

Plus de publications