Analyses

Allocataires de l'Assurance chômage : diversité des profils en 2024

Cette étude décrit les profils des allocataires de l'Assurance chômage en termes d’âge, de sexe, de niveau de formation, d’indemnisation et de localisation géographique, à travers cinq grandes catégories liées à l'origine de leur prise en charge.

5 novembre 2025 - Odile Muller

Qui sont vraiment les allocataires de l'Assurance chômage en 2024 ? Répondre à cette question nécessite d'aller au-delà des préjugés et les statistiques de l'Unédic sont un outil idéal pour cela. Tirées des données du Fichier national des allocataires, elles sont riches d'enseignements sur les 3,8 millions de personnes que prend en charge l'Assurance chômage fin 2024.

@unedic Le chômage, ce n’est pas ce que vous croyez. 📊 Jeunes, diplômés, actifs… Le profil des allocataires est bien plus varié qu’on ne le pense. #assurancechômage #unedic #chômage #emploi #chômeurs #francetravail #job #pourtoi #fyp #tiktokfrance #travail #marchédutravail #data ♬ son original - Unédic

La présente étude, proposée dans un format PDF interactif téléchargeable, permet de comprendre les ordres de grandeur des effectifs des allocataires selon les différentes populations. On y découvre aussi pour quel motif les allocataires entrent à l'Assurance chômage, et à quel point les caractéristiques des différentes populations sont variées.

Par exemple, on verra d'un coup d'oeil que les allocataires entrés à l'Assurance chômage à la suite d'une fin de CDD représentent un contingent important dans l'effectif d'ensemble. On comprendra aussi que plus les allocataires sont âgés, plus ils sont nombreux à être pris en charge après un licenciement pour inaptitude. Enfin, on pourra noter que la totalité, ou presque, des personnes licenciées par un particulier employeur sont des femmes.

Avant toute chose, comprendre où se situent les allocataires 

Fin 2024, 3,8 millions de personnes sont prises en charge par l’Assurance chômage, parmi 31 millions d’actifs. Parmi ces allocataires pris en charge, 2,7 millions ont perçu une indemnisation sur le mois de décembre.

Les grandes catégories d'allocataires

La moitié des allocataires (1,9 million) est entrée à l’Assurance chômage au terme d’un ou plusieurs CDD ou missions d’intérim. L’autre moitié est prise en charge à la suite d’une rupture de contrat (licenciement, rupture conventionnelle, démission, etc.).

Âge et sexe : les allocataires en un coup d'oeil

Les pyramides des âges renseignent sur le poids de chaque catégorie d'allocataires dans les effectifs de l'Assurance chômage. Sur les graphiques ci-dessous, on peut repérer les grandes caractéristiques marquantes : les effectifs des allocataires ayant ouvert un droit après la fin d'un CDD sont particulièrement importants, avec une concentration marquée avant l'âge de 30 ans. Très nombreux également, les allocataires entrés après une rupture conventionnelle sont un peu plus âgés. Les allocataires qui étaient employés par des particuliers sont presque exclusivement des femmes. Les allocataires licenciés pour inaptitude sont particulièrement nombreux juste avant 60 ans. Chaque catégorie présentée fera plus bas l'objet d'une présentation plus détaillée.

Les profils en détail

Faites défiler les pyramides des âges pour chacune des catégories afin de découvrir les particularités de chaque population d'allocataires.

Des niveaux de formation très variables selon les profils

Les niveaux de formation des allocataires pris en charge par l'Assurance chômage sont très variables. Ainsi, les intermittents du spectacle (47% de diplômés du supérieur) et les alternants (45%) ont souvent un niveau de formation plutôt élevé... tandis que les licenciés économiques et les saisonniers sont plus fréquemment sans diplôme. La part de titulaires d'un CAP ou d'un BEP est particulièrement élevée chez les personnes qui étaient employées par un particulier (42%), parmi les licenciés pour inaptitude (36%) et les intérimaires (35%).

12% des allocataires de l'Assurance chômage sont cadres

La proportion de cadres varie entre 8% et 31% parmi les allocataires pris en charge après une rupture de contrat (principalement des CDI). Elle est nettement plus faible parmi les allocataires pris en charge à la fin d’un contrat à durée limitée, sauf parmi les intermittents du spectacle (21% de cadres).

Des montants d'allocation qui reflètent la diversité des profils

De 27 € net par jour indemnisé pour les alternants à 69 € pour les frontaliers : les montants d'allocation reflètent la diversité des allocataires indemnisés par l'Assurance chômage. Le montant d’allocation est plus élevé après une rupture de contrat long qu’après la fin d’un CDD ou une mission d’intérim, sauf pour les intermittents du spectacle.

La part d'allocataires qui travaillent diffère fortement selon les profils

La part d’allocataires qui travaillent tout en étant pris en charge par l’Assurance chômage varie de 33 % (pour les licenciés pour inaptitude) à 82 % (pour les intermittents du spectacle), selon les profils. Les créations d’entreprise sont fréquentes après une démission pour reconversion ou une rupture conventionnelle. Dans l'ensemble, la moitié des allocataires de l'Assurance chômage travaillent.

La géographie des allocataires : des saisonniers et intérimaires inégalement répartis

Certains profils sont plus fréquents dans certaines zones d’emploi. Le graphique ci-dessous représente la proportion de la catégorie parmi les allocataires de la zone d’emploi. Par exemple, la Corse se distingue par une forte proportion de travailleurs saisonniers parmi ses allocataires de l’Assurance chômage, tandis que dans le nord de la France, la part des intérimaires est plus importante que dans les zones d’emploi du sud. De manière attendue, les allocataires frontaliers, indemnisés après la perte d'un emploi situé dans un autre Etat que la France, sont concentrés dans les départements frontaliers. Pour rappel, les actifs frontaliers travaillent principalement en Suisse (48 %), au Luxembourg (22 %), et dans une moindre mesure en Allemagne (11 %), en Belgique (10 %) ou à Monaco (7 %). Ils sont très peu nombreux à destination de l’Espagne (1%) et de l’Italie (<1 %).

  • Précisions méthodologiques

    L’étude porte sur les allocataires pris en charge par l’Assurance chômage à la fin décembre 2024, c’est-à-dire ceux disposant d’un droit ouvert au titre de l’ARE, de l’AREF ou de l’ASP. Tous n’ont pas nécessairement perçu une indemnisation au titre de l’Assurance chômage ce mois-là. Certains ont également pu percevoir une indemnisation « réduite ».

    C’est le cas pour les allocataires ayant travaillé ou bénéficié d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Seul le graphique sur la part d’allocataires en emploi repose sur un champ différent : il présente des moyennes mensuelles d’allocataires en fin de mois sur l’ensemble de l’année 2024, afin de neutraliser les effets de saisonnalité.

    Les catégories retenues reposent sur le motif de rupture ou sur la spécificité du dernier contrat précédant l’ouverture de droit, qui reflète globalement le parcours professionnel récent de l’allocataire. Ainsi, la catégorie « Saisonnier » regroupe les personnes ayant ouvert un droit à la suite d’un CDD saisonnier, tandis que la catégorie « Employé par un particulier » concerne celles dont l’employeur ayant rompu le contrat était un particulier. Les catégories sont conçues de manière à pouvoir les sommer. Ainsi, les catégories « Frontaliers » et « Employé d’un particulier » regroupent les allocataires correspondants, quel que soit le motif de fin de contrat. Ceux-ci ne figurent pas dans les autres catégories.

    Pour plus de lisibilité, les libellés sont raccourcis. Plus précisément :

    • la catégorie « CDD » comprend tous les CDD qui ne sont pas un CDD d’usage, un CDD d’un employeur public, un CDD saisonnier ou un CDD intermittent du spectacle;
    • la catégorie « CDD d’usage » ne comprend pas les intermittents du spectacle, qui sont dans une catégorie à part;
    • la catégorie « Alternants » correspond aux allocataires pris en charge suite à un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, quel que soit le motif (fin du contrat ou rupture);
    • la catégorie « Licenciement pour faute » regroupe tous les licenciements pour faute ou autres motifs personnels;
    • la catégorie « Fin de période d’essai » correspond uniquement aux fins de période d’essai à l’initiative de l’employeur. Les fins de périodes d’essai à l’initiative du salarié sont comptées dans les départs volontaires;
    • la catégorie « Départ volontaire » correspond à tous les départs volontaires sauf les démissions dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle, qui est une catégorie à part.

    Les données proviennent du Fichier national des allocataires (FNA) et de la DSN, et sont calculées par l’Unédic, à l’exception des effectifs de population française et active fournis par l’Insee.