Études
11 décembre 2020
Par
Justine Ducroz
Florine Martin
Pour mieux comprendre l’impact de la crise sur le marché du travail, l’Unédic a réalisé une enquête et interrogé à la fois des demandeurs d’emploi, des salariés et des employeurs. Le terrain s’est déroulé en septembre et octobre, avant le second confinement. Les premiers résultats de l’étude portent sur l’impact de la crise sur le projet professionnel, le recrutement et la recherche d’emploi.

La crise sanitaire de la Covid-19 a provoqué une crise économique d’une ampleur inédite. Selon les différents scénarios de prévision, le PIB devrait subir une chute entre 9% et 11% en 2020, l’indicateur de climat des affaires reste à un niveau très faible et l’Unédic anticipe 672 000 emplois supprimés en 2020. Dans ce contexte sans précédent, l’Unédic a lancé une enquête, conduite par l’institut CSA, pour comprendre les effets de cette crise sur le marché du travail.

Des projets professionnels bouleversés par la crise

2/3 des demandeurs d’emploi interrogés et 1/3 des salariés déclarent avoir vu leur projet professionnel impacté par la crise sanitaire dont les conséquences économiques sont la cause principale de ce bouleversement. Les uns et les autres expriment le souhait de modifier leur rapport au travail : 1 demandeur d’emploi sur 2 et plus de 4 salariés sur 10 déclarent avoir envie de « modifier leur rapport au travail ». Ils souhaitent aussi, pour certains, commencer une formation (47% des demandeurs d’emploi et 29% des salariés) et dans une moindre mesure faire une reconversion (44% et 28% respectivement). Les jeunes sont les plus nombreux à exprimer cette envie de changement, comme le révélait déjà la note d’éclairage sur la perception du chômage chez les jeunes publiée par l’Unédic en juillet dernier.

Des demandeurs d’emploi qui adaptent leur manière de chercher un emploi

Durant le premier confinement, les demandeurs d’emploi ont majoritairement continué à chercher un emploi. 45 % d’entre eux ont gardé le même rythme de recherche et 20% l’ont accéléré, malgré la baisse importante du nombre d’offres disponibles à cette période. Après le premier confinement, ce rythme s’est intensifié, ils ont davantage recouru aux canaux numériques. Pourtant, les demandeurs d’emploi sont assez pessimistes quant à leur retour à l’emploi.

Cette inquiétude au sujet de l’emploi est confirmée par les employeurs qui, pour 29% d’entre eux, ont repoussé ou annulé la plupart de leurs projets de recrutement en raison de la crise de la Covid-19. Cette proportion est plus élevée parmi les établissements ayant stoppé leur activité durant le confinement. Pour autant, au moment de l’enquête, les employeurs étaient plus optimistes concernant l’avenir, puisqu’ils étaient 41% à envisager de recruter d’ici la fin de l’année.

Des concessions envisagées par les demandeurs d’emploi, une constance côté employeurs

La majorité des demandeurs d’emploi et des salariés interrogés dans l’enquête de l’Unédic indiquent être prêts à faire des concessions pour faire aboutir leur projet professionnel (90 % des demandeurs d’emploi et 85 % des salariés). C’est en particulier le cas parmi ceux dont le projet professionnel a été directement impacté par la crise actuelle.

Les demandeurs d’emploi seraient ainsi majoritairement prêts à faire de concessions quant aux missions proposées, à « accepter un CDD ou un contrat saisonnier » ou encore à accepter un contrat qui implique de « prendre sa voiture tous les jours ». En revanche, ils sont plus réticents à accepter des « conditions de travail dégradées » ou à « revoir à la baisse leurs prétentions salariales. »

Les employeurs qui ont procédé à des recrutements pendant la crise n’ont quant à eux pas significativement modifié leurs critères de recrutement.

Méthodologie

Cette enquête quantitative a été réalisée, entre mi-septembre 2020 et mi-octobre 2020, soit avant le 2nd confinement, avec l’institut CSA, auprès de demandeurs d’emploi, de salariés et d’employeurs, à partir de 3 échantillons représentatifs des populations visées. Les demandeurs d’emploi et les salariés ont répondu à un questionnaire en ligne, les établissements ont été interrogés par téléphone. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas. Au total, l’étude repose sur les réponses de :

  • 2 028 personnes représentatives des salariés du privé et des grandes entreprises publiques ou parapubliques en France métropolitaine,
  • 2 012 personnes représentatives des demandeurs d’emploi, inscrits à Pôle emploi, en France métropolitaine et en Outre-mer,
  • 800 établissements représentatifs des établissements en France. Echantillon raisonné d’établissements en fonction de leur taille d’entreprise.

 

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