Études

Le CSP vu par les licenciés économiques : motifs d’adhésion et bilan de l’accompagnement

16 avril 2015
Par
Gatard & Associés
Le Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est proposé à certains salariés licenciés pour motif économique. Dans le cadre de l’évaluation du CSP, l’Unédic a fait réaliser en 2014 une étude qualitative pour mieux comprendre les motivations des bénéficiaires à opter pour le CSP et faire un bilan de l’accompagnement apporté. Les résultats mettent en évidence la satisfaction des bénéficiaires, contrebalancée par une faible efficacité en termes de retour à l’emploi à l’issue du dispositif.

Quels sont les motifs d’adhésion au CSP et les attentes des bénéficiaires ? Comment ont-ils été informés et ont-ils pris leur décision ? En quoi a consisté l’accompagnement et quel bilan dressent-ils de ce parcours ? Pour répondre à ces questions, le cabinet Gatard et Associés a réalisé en 2014 pour l’Unédic une enquête qualitative auprès de 37 licenciés économiques ayant bénéficié du CSP et d’une dizaine de personnes ayant choisi de ne pas adhérer au dispositif.

La sécurité financière, principal facteur d’adhésion avec l’accompagnement et la formation

Le choix du CSP est principalement motivé par :

  • le niveau de l’allocation, perçue comme préférable à l’allocation d’aide au retour à l’emploi,
  • la possibilité de bénéficier de formations professionnalisantes,
  • et l’intensité de l’accompagnement personnalisé qui doit permettre un retour à un emploi durable, voire plus épanouissant.

Les licenciés économiques qui ont refusé le CSP mettent en avant la perte financière liée au renoncement au préavis. Ils perçoivent l’accompagnement ou les règles de reprise d’activité comme trop contraignantes. Ils sont confiants dans la perspective d’un retour à l’emploi rapide.

« La qualité du CSP, c’est d’abord le salaire assuré pendant un an. J’ai cette sécurité-là. »

Une forte satisfaction des bénéficiaires

La sécurisation proposée par le dispositif est jugée satisfaisante par les bénéficiaires. En particulier, la continuité de la rémunération apparaît essentielle. La durée de 12 mois, la place proactive des bénéficiaires dans l’élaboration de leur projet professionnel et le choix de leurs formations instaurent une dynamique fortement mobilisatrice.

« Le CSP ne m’a pas donné un travail, mais il m’a donné le moral, permis de me reconstruire, de rester dans le monde actif, de reprendre confiance pour ouvrir des portes. »

Les adhérents sont majoritairement satisfaits de la relation avec leur conseiller. Ils apprécient l’aide apportée par le conseiller sur l’élaboration du projet, les méthodes de recherche d’emploi et l’aide à la valorisation de leur candidature. Toutefois, le suivi rapproché par un conseiller, vu comme bénéfique au départ, peut se révéler décevant lorsqu’il n’apporte pas des éléments tangibles utiles pour la recherche d’emploi. L’accès à la formation est le point fort du dispositif, malgré quelques limites telles que les délais d’entrée parfois longs ou le décalage entre les calendriers de formation et celui du CSP.

Une faible articulation entre formations, stages et emploi

Si l’accompagnement vers l’emploi est consistant, les bénéficiaires qui s’attendent plus ou moins consciemment à accroître leurs chances de retrouver un emploi grâce au suivi rapproché sont souvent déçus de ne pas retrouver un emploi à la fin du CSP. Les bénéficiaires pointent une faible articulation entre formations, stages et emploi. Le passage au régime général est souvent mal vécu.

«Dans mon secteur, ça allait être difficile de trouver du travail, je voulais refaire une formation, et par rapport au CSP, ça cadrait bien. L'accès à une formation, c'est un gros plus.»

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