Études

Les bénéficiaires de l'ARCE en 2011 : motivations et ressenti

20 décembre 2013
Par
Unédic
Claire Goarant
En 2011, environ 110 000 personnes ont bénéficié de l’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). Cette aide de l’Assurance chômage vise à favoriser le reclassement des allocataires en facilitant la reprise ou la création d’une entreprise. L’Unédic a mené en avril 2013 une enquête auprès d’allocataires qui en ont bénéficié début 2011.

Les allocataires de l’Assurance chômage ont la possibilité de bénéficier, sous certaines conditions, d’une Aide à la reprise ou à la création d’entreprise, l’ARCE.

En avril 2013, l’Unédic a mené une enquête auprès de 2400 allocataires ayant perçu cette aide au premier trimestre 2011, afin de mieux connaître leur devenir dans les deux ans qui ont suivi l’obtention de l’aide et leur perception du dispositif.

Parmi les personnes interrogées, 88% ont opté pour une création plutôt que pour une reprise d’entreprise. Elles privilégient l’entreprise individuelle comme forme juridique, notamment l’auto-entreprise qui concerne 45% des bénéficiaires de l’ARCE.

Qu'est-ce que l'ARCE ?

L’ARCE consiste à mobiliser une partie de ses droits restants aux allocations (45%), en deux versements. Pour bénéficier de l’ARCE, il faut : être inscrit comme demandeur d’emploi ; être bénéficiaire de l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise). L’ARCE ne peut pas être accordée si l’allocataire bénéficie du cumul de son allocation ARE avec ses revenus d’activité en cas d’activité réduite, ou s’il perçoit l’Aide différentielle de reclassement (ADR).

86% des bénéficiaires de l’ARCE sont en emploi deux ans plus tard

72% des bénéficiaires sont toujours à la tête de leur entreprise, et une majorité d’entre eux envisagent d’y rester pendant au moins 5 ans. 1% des bénéficiaires de l’ARCE sont à la tête d’une autre entreprise. 13% des bénéficiaires se déclarent en emploi salarié : 8% sont en CDI et 3% en CDD.

Seules 12% des personnes interrogées sont à nouveau à la recherche d’un emploi après avoir quitté leur entreprise.

L’ARCE joue un rôle important dans le financement du projet de création d’entreprise

Dans 63% des cas, l’ARCE a couvert les premiers besoins de financement du projet. Sans l’ARCE, plus de trois quarts des entrepreneurs déclarent qu’ils n’auraient pas pu concrétiser leur projet (36%) ou qu’ils l’auraient fait avec plus de difficultés (42%).

13 000 euros par bénéficiaire

C’est le montant moyen versé de l’ARCE.

La majorité des bénéficiaires perçoit l’ARCE après une rupture de CDI

Les bénéficiaires de l’ARCE sont majoritairement des hommes (71%).

Par rapport aux allocataires de l’Assurance chômage, ils sont plus souvent indemnisés après une rupture de CDI, particulièrement une rupture conventionnelle : 35% contre 11% pour l’ensemble des allocataires de l’Assurance chômage. Le licenciement économique concerne 17% des bénéficiaires de l’aide, soit 6 points de plus que pour l’ensemble des allocataires. Seuls 19% des bénéficiaires de l’ARCE sont inscrits après une fin de CDD ou de mission d’intérim.

Les bénéficiaires de l’ARCE sont plus diplômés que l’ensemble des allocataires : 45% ont au moins un niveau BAC+2 contre 24% pour l’ensemble.

Infographie avec chiffres clés sur les bénéficiaires de l'Arce en 2011

Un projet souvent anticipé et débuté rapidement après la perte d’emploi

Les bénéficiaires de l’aide sont 53% à avoir pris la décision de créer ou reprendre une entreprise avant la perte de leur emploi. Cette part est plus marquée lorsque le bénéficiaire est entré au chômage après une rupture conventionnelle (65%).

Les bénéficiaires ont rapidement entamé des démarches pour créer leur entreprise, puisqu’ils sont 78 % à avoir reçu le premier versement de l’ARCE avant le 6ème mois d’indemnisation. Certains allocataires anticipent moins leur projet de création ou de reprise d’entreprise. Par exemple, les auto-entrepreneurs bénéficiaires de l’ARCE sont moins nombreux à avoir décidé de créer leur entreprise avant la perte de leur emploi (46%).

Seul 1 auto-entrepreneur sur 3 a planifié son projet d’entreprise, contre 4 bénéficiaires sur 5 pour les autres bénéficiaires. La nécessité de gagner leur vie est plus prononcée chez les auto-entrepreneurs. Par ailleurs, ils se sont plus souvent inscrits au chômage après une fin de CDD, et plus rarement suite à une rupture conventionnelle.

Les facteurs de réussite du projet de création d’entreprise

Les chances de pérennité de l’entreprise sont plus importantes quand le capital investi est élevé. Les bénéficiaires qui reprennent une entreprise ont plus de chance de succès que les créateurs d’entreprise.

La réussite du projet est plus fréquente lorsque l’entrepreneur a une expérience antérieure dans une très petite entreprise (TPE).

A contrario, un entrepreneur a plus de risque de cesser son activité s’il manque d’expérience professionnelle en raison de son jeune âge, si son niveau de formation est faible, ou encore s’il vit seul. Les entrepreneurs qui changent de secteur d’activité sont également plus exposés au risque de cessation d’activité.