Études

Les demandeurs d’emploi récurrents : quel vécu ? quels besoins d’accompagnement ?

02 avril 2020
Par
Unédic
Groupe Alpha
Dans un contexte de fort recours aux contrats courts , une part croissante des demandeurs d’emploi s’inscrit dans une situation de « récurrence au chômage ». Celle-ci se traduit par une difficulté à trouver un emploi durable et par une alternance de périodes de chômage et d’emploi. La présente étude s’intéresse aux parcours professionnels des demandeurs d’emploi concernés par cette récurrence, à leur vécu et aux besoins d’accompagnement qu’ils expriment.

Les demandeurs d’emploi récurrents : des vies professionnelles et des parcours variés

Ils sont aide-soignant, agent d’entretien, employé de restauration, officier dans la marine, directeur commercial, cadre dans les RH… La majorité des « demandeurs d’emploi récurrents » interrogés ont connu des parcours riches et variés au fil de leur vie professionnelle. Leurs nombreuses expériences leur ont permis d’acquérir de multiples compétences, et une bonne capacité d’adaptation. La satisfaction qu’ils expriment au regard de leurs parcours, se teinte d’une lassitude quant à leur situation instable, qu’ils déclarent le plus souvent comme étant subie. Leur situation de « récurrence au chômage » résulte de deux types de trajectoires : celles des individus qui ont toujours connu des emplois à durée limitée d’une part et celles de ceux qui décrochent après une rupture (licenciement, rupture familiale…) d’autre part.

Un fort désir de stabilité

La majorité des personnes interrogées exprime une attente de stabilité et le souhait d’accéder à un CDI. Mais au-delà du type de contrat, c’est la capacité de se projeter dans une situation professionnelle pérenne qui émerge : des revenus réguliers permettant une forme de bien-être, voire d’épanouissement au travail.

Les obstacles au retour à l’emploi durable peuvent être liés aux parcours des demandeurs d’emploi : manque de qualification, manque d’expérience, manque de mobilité, situation familiale… Des circonstances liées aux usages du marché du travail peuvent aussi expliquer le phénomène de récurrence. C’est notamment le cas lors de réembauche chez le même employeur, dans le cadre de relations de travail suivies chez un même employeur.

Pour atteindre l’objectif de stabilité, la plupart des allocataires interrogés a élaboré un plan d’action : ils identifient quel métier viser et quel chemin emprunter pour y parvenir. En fonction des parcours et du niveau de qualification, on observe des projets de différente nature :

  • la plupart des personnes ayant connu une rupture cherchent à se reconvertir dans un nouveau métier ;
  • les moins qualifiés cherchent en majorité un emploi correspondant à leurs précédentes expériences professionnelles ;
  • les plus diplômés cherchent davantage un emploi en adéquation avec leur formation.

Des relations distantes avec leurs conseiller Pôle emploi

Les demandeurs d’emploi récurrents se perçoivent comme autonomes dans leur recherche d’emploi. Ils indiquent avoir de ce fait des contacts peu fréquents avec leur conseiller Pôle emploi. La plupart bénéficient d’ailleurs d’un accompagnement de type « suivi », de la part de l’opérateur public, notamment parce qu’ils sont proches du marché du travail et alternent les situations d’emploi et de chômage.

Malgré cette autonomie perçue et déclarée, beaucoup estiment avoir des difficultés à trouver leurs repères dans le monde du travail, dans l’offre de formation ou dans les démarches à entreprendre pour se reconvertir. Méconnaissant parfois le rôle de Pôle emploi à leur égard, ils expriment un besoin de personnalisation des services offerts.

Des besoins d’accompagnement personnalisé, notamment pour se former

Le principal besoin exprimé par les demandeurs d’emploi récurrents concerne la formation. Ils recherchent prioritairement des formations courtes et complémentaires à leurs compétences acquises. Ce besoin de se former est davantage mentionné par ceux ayant un diplôme inférieur au bac, ayant travaillé plus souvent en intérim, ou ayant connu des périodes de chômage plus longues.

Ils souhaiteraient à ce sujet, que leur conseiller Pôle emploi les guide dans l’offre de formations et les possibilités de financement de celle-ci.

Concernant les modalités d’accompagnement, les personnes interrogées restent très attachées au rendez-vous physique avec leur conseiller dès lors qu’il s’agit de définir le projet professionnel ou le plan de formation. En revanche, les points techniques ou administratifs peuvent se faire par email ou par téléphone, sous réserve que leurs interlocuteurs puissent faire preuve de réactivité. Un accompagnement renforcé à certains moments clés, notamment en début de recherche d’emploi, est enfin exprimé.

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