Études

Relations de travail suivies : les successions de contrats courts chez un même employeur

19 juillet 2019
Par
Florence Journeau
Unédic
Le nombre d’embauches en CDD très courts a été multiplié par 2,5 en 20 ans. 2 CDD courts sur 3 s’inscrivent dans une succession de contrats de travail chez le même employeur. On entend par « CDD courts » les CDD de moins d’un mois, qui sont souvent même de quelques jours. Ceux-ci s’inscrivent en général dans une relation d’emploi durable et répétée entre un même employeur et un même salarié. C’est ce qu’on appelle les relations de travail suivies. L’Unédic a mené une étude afin de documenter ces pratiques.

Comme l’a notamment montré une précédente étude de l’Unédic sur la réembauche, 84% des embauches en contrat court ont lieu avec un ancien employeur. Les entreprises, quand elles doivent recruter en CDD s’appuient souvent sur un vivier de salariés auxquels elles font appel. Ainsi, certaines entreprises et salariés entretiennent une relation de travail suivie constituée de contrats courts et cela sur une période significative.

Qu’est-ce qu’une relation de travail suivie ?

L’Unédic met en évidence 3 formes de relations de travail :

  • la relation de travail continue, lorsqu’un salarié travaille pour le même employeur de façon continue durant une période donnée ;
  • la relation de travail répétée, lorsqu’un salarié effectue au moins 2 contrats pour un employeur intercalée avec une période de chômage ou un contrat avec un autre employeur; 
  • la relation de travail suivie, lorsqu’un salarié effectue au moins 4 contrats pour un employeur intercalée avec des périodes de chômage ou d’autres contrats durant une période de 6 mois.

L’étude montre que les relations de travail suivies sont devenues le mode plus courant. En effet, deux tiers des CDD de moins d’1 mois sont réalisés dans ce cadre relationnel. Les contrats en relations suivies représentent également plus de 50% des heures salariées sur l’ensemble des contrats de moins d’un mois.

Autre enseignement, plus de la moitié des relations de travail suivies sont constituées de plus de 10 contrats sur la période de référence de 6 mois.

Qui sont les salariés concernés par les relations de travail suivies ?

Environ 400.000 personnes par an s’inscrivent dans ce type de relations avec leur employeur. 67% d’entre elles sont des femmes. Les jeunes de moins de 25 ans connaissent également plus souvent ces successions de CDD courts : 27% contre 18% pour les autres relations de travail.

Quels secteurs d’activité sont concernés ?

Les 3 secteurs d’activité qui ont le plus recours aux successions de CDD sont :

  • l’hébergement-restauration;
  • l’hébergement médico-social (notamment les Ehpad);
  • les autres activités spécialisées scientifiques et techniques (notamment les instituts de sondage.)

Les motivations peuvent être différentes d’un secteur d’activité à un autre. D’un strict point de vue économique, ces contrats courts sont considérés comme incontournables par les employeurs dans certains secteurs d’activité, comme le montre une enquête menée par l’Unédic avec le Credoc en octobre 2018.

Dans la restauration, l’embauche de contrats courts permet de gérer les variations de l’activité, notamment les pics saisonniers. Dans l’hébergement médico-social, principalement les Ehpad, les contrats courts ont souvent vocation à remplacer des salariés absents.

Est-ce une spécificité française ?

On retrouve des formes de relations de travail équivalentes ailleurs en Europe. Des études récentes notamment celles d’Eurofound ont révélé que ce type de contrats se développe un peu partout en Europe ; au Royaume-Uni, aux Pays-bas, en Suède, en Italie ou en Suisse. C’est ce qu’on appelle parfois les contrats « on call » ou les contrats « zéro heure ».

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