1 Md€ de Social Bonds émis par l'Unédic
L’année 2024 a été marquée de fortes incertitudes pour l’économie française. Les tensions géopolitiques couplées aux tensions politiques autour de la loi de finances ont fortement pesé sur la capacité de projection de financement du régime.
A ce contexte économique se sont ajoutés les prélèvements de l’Etat sur les recettes de l’Unedic entrainant une paralysie du désendettement amorcé en 2022.
En émettant 1 Md€ de Social Bonds, l’Unédic contribue à la dynamique économique et sociale du pays en soutenant deux dispositifs qui contribuent à sécuriser les parcours professionnels des salariés et à accompagner les transitions du marché du travail.
L’Unédic reste mobilisée pour permettre à l’Assurance chômage de s’adapter aux grandes mutations, afin de préserver la cohésion sociale et de soutenir l’économie française.
-
Qu'est-ce qu'un Social Bond ?
Les Social Bonds sont des obligations émises sur les marchés financiers qui ont vocation à financer des projets à forte utilité sociale. Ces émissions sociales doivent respecter quatre grands principes édictés par l’ICMA (International Capital Market Association) qui sont :
- L’utilisation des fonds : tous les projets mentionnés doivent avoir un bénéfice social clairement identifié.
- La sélection et l’évaluation des projets : selon quels critères les projets ont-ils été sélectionnés ? Comment seront-ils évalués ?
- La gestion des fonds : comment garantir la transparence de l’allocation des fonds aux projets sélectionnés ?
- Le reporting : publication d’un rapport annuel décrivant l’utilisation des fonds et la mesure de l’impact social.
Comment ont été utilisés les fonds issus des Social Bond ?
L'ensemble des dépenses techniques de l'Unédic sont éligibles à un financement via l'émission de Social Bonds.
Parmi les 44,2 Md€ de dépenses éligibles en 2024, les dispositifs de l’aide au retour à l’emploi formation (ARE-F) et de l’aide au retour à l’emploi (ARE) destinée aux allocataires en démission-reconversion, ont été sélectionnés :
En 2024, l’émission d’un milliard d’euros réalisée au format Social Bond a permis de financer :
- 100% des dépenses liées à l’ARE pour motif de démission-reconversion
- et plus de 25% des dépenses liées à l’ARE-F de cette même année.
-
Contribution aux objectifs de développement durable à horizon 2030
Les Social Bonds sont en phase avec la stratégie française pour le développement durable. Les missions de l’Unédic répondent à 4 objectifs de l’agenda 2030 :
- Réduction de la pauvreté : en limitant l’accroissement de la pauvreté monétaire, les dispositifs financés par les Social Bond de l’Unédic contribuent à l’atteinte de cet objectif.
- Éducation de qualité : à travers le financement de France Travail (anciennement Pôle emploi), l’Unédic participe au développement de l’apprentissage tout au long de la vie.
- Travail décent et croissance économique : en maintenant dans l’emploi et en limitant les faillites d’entreprises, le financement de l’activité partielle par l’Unédic a contribué à limiter le recul du taux d’emploi en France.
- Réduction des inégalités : les Social Bonds de l’Unédic financent des mécanismes facilitant à la fois l’accès à l’emploi (France Travail) et limitant l’accroissement des inégalités de revenu (activité partielle).
Quel impact social ont eu les Social Bonds émis par l'Unédic ?
En finançant l’aide au retour à l’emploi formation (ARE-F) et de l’aide au retour à l’emploi (ARE) destinée aux allocataires en démission-reconversion, les émissions sociales de l'Unédic ont permis de soutenir deux dispositifs à fort impact social.
L’aide au retour à l’emploi formation (ARE-F)
Ce dispositif vise à indemniser les allocataires durant leur période de formation, destinée à acquérir des compétences permettant de sécuriser davantage leur trajectoire professionnelle.
En 2024, 116 000 demandeurs d’emploi en ont bénéficié.
Les principaux métiers recherchés par les demandeurs d’emploi bénéficiaires de l’ARE-F montrent une forte orientation vers les services, que ce soient à la personne et à la collectivité (19 %) ou aux entreprises (18 %).
En 2024, les formations qualifiantes et certifiantes constituent la majorité des formations proposées aux demandeurs d’emploi, reflétant l’accent mis sur l’acquisition de compétences directement valorisables sur le marché du travail et sur la sécurisation de l’employabilité.
En décembre 2024, le taux d’accès à l’emploi 6 mois après la fin d’une formation s’établit à environ 66 %.
L’aide au retour à l’emploi (ARE) destinée aux allocataires en démission-reconversion
Ce dispositif permet aux salariés ayant démissionné pour un projet de reconversion de bénéficier de l’Assurance chômage.
Depuis 2019, le dispositif de démission-reconversion a bénéficié à un nombre croissant de personnes. En 2024, 18 000 personnes ont ouvert un droit à l’ARE suite à une démission-reconversion, portant le nombre de bénéficiaires en fin d’année 2024 à 27 000.
Entre 2019 et 2022, plus de 68 % des bénéficiaires se sont engagés dans un projet de création d’entreprise dans les 2 ans suivant l’ouverture de leurs droits au titre de l’ARE pour motif de démission-reconversion.