Les incendies survenus au cours de l’été 2026 ont fortement perturbé l’activité économique dans les territoires concernés. Le 2 août 2026, le Premier ministre a annoncé une aide exceptionnelle avec prise en charge totale de l’indemnité d’activité partielle pour les entreprises de moins de 250 salariés des départements de la Gironde, des Landes et du Var particulièrement affectés (39 communes éligibles). L’activité partielle, financée à hauteur d'un tiers par l'Unédic, constitue en effet l’un des outils mobilisables pour préserver l’emploi, en complément d’autres dispositifs, notamment assurantiels, et du chômage-intempéries dans le secteur du BTP. La présente analyse vise à fournir une première photographie de la mobilisation de l’activité partielle en lien avec les incendies.
Au 6 septembre 2026, 3 600 nouvelles demandes d’autorisation préalable (DAP) d’activité partielle sont identifiées comme liées aux incendies. Elles incluent à la fois les demandes relevant de l’activité partielle de droit commun assortie de l’aide exceptionnelle et celles relevant de l’activité partielle de droit commun « classique », également mobilisable dans le cadre des incendies. Elles concernent 41 000 salariés et 3,1 millions d’heures d’activité partielle. La mobilisation est principalement concentrée dans les 39 communes éligibles à l’aide exceptionnelle. Une part non négligeable de l’activité partielle mobilisée se situe néanmoins en dehors de ce périmètre, témoignant de l’existence d’effets économiques indirects des incendies. L’activité partielle avec aide exceptionnelle représente ainsi 73 % des DAP liées aux incendies, mais 56 % des heures demandées et 52 % des salariés concernés, notamment du fait qu’elle n’est accessible qu’aux entreprises de moins de 250 salariés.
Au 6 septembre 2026, un montant total de 4,2 M€ d'indemnisation pour 400 000 heures chômées au titre des incendies
Le recours à cette aide exceptionnelle est davantage marqué parmi les entreprises de taille intermédiaire et dans les secteurs les plus exposés aux perturbations d’activité (commerce et la réparation automobile, hébergement-restauration…). À l’inverse, la construction est moins représentée, ce qui pourrait notamment s’expliquer par le recours à d’autres dispositifs, tels que le chômage-intempéries.
La consommation effective d’activité partielle ne peut encore être appréciée de manière définitive. Par exemple, par rapport à une utilisation durant le mois d’août 2026, les employeurs peuvent déposer des DAP jusqu’à fin septembre 2026 et des demandes d’indemnisation (DI) jusqu’à 6 mois après. Au 6 septembre, environ 400 000 heures ont été indemnisées au titre des incendies à hauteur de 4,2 M€, dont environ 1 M€ pour l’Unédic. Au mois de juillet 2026, qui est le mois disposant du plus grand recul, les demandes d’indemnisation au titre de l’activité partielle liée aux incendies concernent près de 15 000 salariés.
Les demandes d’indemnisation d’activité partielle en lien avec les incendies de l’été 2026 (DI validées)
| Dispositif | Nb DI | Nb salariés (courant juillet 26) | Heures demandées | Montant demandé (État + Unédic) | dont montant Unédic | Coût moyen d’une heure |
|---|---|---|---|---|---|---|
| APDC « classique » incendie | 597 | 3 487 | 89 325 | 780 064 € | 260 021 € | 8,7 € |
| Aide exceptionnelle | 2 338 | 11 037 | 344 833 | 3 438 987 € | 687 797 € | 10,0 € |
| Ensemble | 2 935 | 14 524 | 434 157 | 4 219 052 € | 947 819 € |
Une première estimation du coût global de l'activité partielle liée aux incendies
Sur la base des DAP disponibles, une première estimation du coût global de l’activité partielle liée aux incendies est comprise entre 20 M€ et 30 M€ pour la collectivité (Etat + Unédic), dont 6 M€ à 8 M€ pour l’Unédic, à mettre en regard des dépenses totales estimées à environ 70 M€ pour 2026 dans nos prévisions de juin dernier. Cette estimation constitue un majorant, fondé notamment sur l’hypothèse que les heures demandées seront intégralement chômées et indemnisées. A titre de comparaison, dans les trois départements couverts par l’aide exceptionnelle (Gironde, Landes et Var), les dépenses d’activité partielle représentaient environ 350 000 € au troisième trimestre 2025.
Estimations de coûts d’activité partielle en lien avec les incendies de l’été 2026, en €
| Dispositif | Heures demandées 1 (tous statuts) | Heures demandées 2 (validées) | Coût moyen d’une heure | Estimation 1 | Estimation 2 (Etat + Unédic) | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Coût État + Unédic | dont Unédic | Coût État + Unédic | dont Unédic | ||||
| APDC « classique » incendie | 1 375 679 | 780 792 | 8,7 | 11 968 407 | 3 989 469 | 6 792 890 | 2 264 297 |
| APDC avec aide exceptionnelle | 1 754 013 | 1 578 961 | 10,2 | 17 890 933 | 3 578 187 | 16 105 402 | 3 221 080 |
| Ensemble | 3 129 692 | 2 359 753 | 29 859 340 | 7 567 656 | 22 898 293 | 5 485 377 | |
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Pour en savoir plus sur le recours à l'activité partielle face aux catastrophes naturelles
Consulter l'étude (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)L'activité partielle est financée à hauteur d'un tiers par l'Unédic. Dans quelle mesure les événements climatiques extrêmes engendrent-ils un recours à ce dispositif de soutien aux entreprises ? Peut-on en estimer le coût pour l'Assurance chômage ? Pour la première fois, en 2025, une étude a apporté des éléments de réponse.