Analyses

Les intermittents du spectacle couverts par l'Assurance chômage en 2025

Environ 305 000 personnes travaillent de façon régulière ou occasionnelle en CDD dans le secteur du spectacle. Combien d'entre elles sont couvertes par l'Assurance chômage au titre des annexes 8 ou 10 qui régissent leur indemnisation chômage ? Quels sont leurs parcours ? Quels sont les caractéristiques de leurs droits ? L'Unédic fait le point.

22 septembre 2026 - Geoffroy Drouard

La règlementation d’assurance chômage prévoit des règles d’ouverture de droit et d’indemnisation spécifiques aux artistes, ouvriers et techniciens du spectacle employés en CDD. L’annexe 8 au règlement général prescrit les règles concernant les ouvriers et techniciens du spectacle appartenant à des secteurs prédéfinis et l’annexe 10 celles qui concernent les artistes. Elles n’ont pas connu de changement majeur depuis 2016, à l’exception des mesures de l’« année blanche » pendant la période Covid.

Environ 305 000 personnes travaillent de façon régulière ou occasionnelle en CDD dans le secteur du spectacle (en 2024, source : France Travail). Combien sont couvertes par l’Assurance chômage au titre des annexes 8 ou 10 qui régissent leur indemnisation chômage ? Quelles sont les caractéristiques de leurs droits et de leurs parcours ? L’Unédic fait ici le point sur les intermittents du spectacle couverts par l’Assurance chômage en 2025, leur profil et les évolutions observées depuis une douzaine d’années.

141 000 intermittents couverts par le régime en 2025

En 2025, en moyenne, chaque mois, environ 141 000 allocataires (+3 % / 2024) sont couverts par l’Assurance chômage au titre des annexes 8 et 10. Parmi eux, 48 % sont couverts au titre de l’annexe 8 (67 500, +1 % 2024) et 52 % (74 500, +4 % / 2024) au titre de l’annexe 10 (Graphique 1A). 

Parmi ces allocataires, environ 126 500 allocataires sont indemnisés (+4 % / 2024) en moyenne chaque mois (Graphique 1B).

Davantage de nouveaux entrants mais aussi de sorties depuis 2022

En 2025, environ 146 000 droits ont été ouverts au titre des annexes 8 et 10, dont environ 70 000 pour l’annexe 8 et environ 76 000 pour l’annexe 10, des effectifs qui augmentent tendanciellement depuis 2016 (Tableau 1).

En moyenne, 7 allocataires sur 10 rouvrent des droits sans interruption de la couverture à l’issue d’une précédente période d’indemnisation. Depuis 2022, les nouvelles entrées dans le régime comme les sorties sont à un niveau plus élevé qu’en 2019, suggérant une recomposition partielle de la population des allocataires (Graphiques 2A et 2B).

Parmi les allocataires présents fin décembre 2025, 40 % ont été couverts au moins 9 ans dans les 10 dernières années pour l’annexe 8, 42 % parmi les intermittents en annexe 10 (Graphique 4).

Des allocataires en moyenne plus âgés et plus diplômés

Par rapport aux allocataires couverts par le régime général d’assurance chômage, les allocataires qui relèvent des annexes 8 et 10 sont :

  • plus souvent des hommes (Tableau 1) ;
  • moins jeunes : 7% ont moins de 26 ans contre 26 % des autres allocataires, 70 % ont entre 25 et 49 ans ;
  • plus diplômés, avec près de deux fois plus de diplômés du supérieur (68 % contre 36 %) ;
  • plus nombreux à vivre en Ile-de-France (42 % contre 18 %).
     

En termes de droit au chômage, ils disposent de 12 mois maximum d’indemnisation, de date à date, en vertu du principe de la date anniversaire. Le montant moyen de l’allocation journalière est stable depuis 2023 (Graphique 3A) mais masque des disparités entre les annexes (Graphique 3B).

Tableau 1 - Caractéristiques socio-démographiques des allocataires ouvrant un droit au titre des annexes 8 et 10 en 2025



Répartition des allocataires ayant ouvert un droit en 2025

Évolution des effectifs



Annexe 8

Annexe 10



Annexe 8

Annexe 10

Ensemble

Régime général

Evol. / 2024

Evol. moyenne / 2016

Evol. / 2024

Evol. moyenne / 2016


Nombre d'ouvertures de droit

70 200

75 800

146 000

2 326 700

1%

4%

3%

4%

Sexe

Hommes

63%

58%

60%

51%

0%

4%

0%

3%

Femmes

37%

42%

40%

49%

3%

6%

3%

6%

Age à la fin du dernier contrat

Moins de 26 ans

9%

6%

7%

26%

-5%

5%

-5%

7%

26 à 49 ans

71%

70%

70%

55%

1%

4%

1%

4%

50 à 54 ans

10%

12%

11%

8%

0%

5%

0%

4%

55 ans ou plus

10%

13%

12%

10%

3%

9%

3%

6%

Plus haut diplôme obtenu

Inférieur au bac ou non renseigné

11%

12%

12%

42%

2%

1%

2%

1%

Bac

17%

24%

20%

22%

0%

-2%

0%

-1%

Supérieur au bac

72%

65%

68%

36%

1%

8%

1%

8%

Région de résidence

Auvergne-Rhône-Alpes

8%

11%

10%

12%

3%

4%

4%

4%

Bourgogne-Franche-Comté

2%

2%

2%

4%

2%

4%

2%

3%

Bretagne

4%

4%

4%

5%

2%

4%

6%

4%

Centre-Val de Loire

2%

3%

2%

3%

-1%

3%

3%

3%

Corse

0%

0%

0%

1%

2%

1%

2%

7%

Grand-Est

3%

3%

3%

7%

5%

5%

4%

4%

Hauts-de-France

4%

4%

4%

8%

-1%

6%

3%

5%

Ile-de-France

47%

37%

42%

18%

0%

4%

3%

5%

Normandie

2%

2%

2%

4%

1%

3%

5%

3%

Nouvelle-Aquitaine

6%

7%

7%

9%

1%

4%

3%

4%

Occitanie

8%

12%

10%

10%

2%

6%

3%

3%

Pays-de-la-Loire

4%

5%

5%

6%

3%

4%

3%

4%

Provence-Alpes-Côte d'Azur

8%

8%

8%

9%

2%

5%

4%

4%

DROM-COM

1%

1%

1%

3%

2%

5%

5%

5%

Source : FNA, calculs Unédic
Champ : allocataires de l’Assurance chômage, France entière

Un poids important du cumul entre revenus d’activité et allocations

Comme pour le régime de droit commun, les allocataires des annexes 8 et 10 peuvent cumuler indemnisation et revenus d’activité. Le nombre de jours indemnisés diminue proportionnellement au volume horaire travaillé dans le mois en cours, selon une règle spécifique à chacune des annexes.

Chaque mois, un peu plus de 8 allocataires sur 10 travaillent, une proportion stable depuis 2016 (Graphique 5A). En moyenne, l’indemnisation perçue représente 45 % des revenus totaux, à savoir le total des allocations perçues et des revenus déclarés : 53 % pour l’annexe 10, 36 % pour l’annexe 8 (Graphique 5B).

Trois allocataires sur quatre dans l’annexe 10 font de la musique, du chant ou de l’art dramatique. Les métiers sont plus diversifiés pour l’annexe 8 (Tableaux 2 et 3).

L’activité se dégrade sur le champ de l’annexe 8

L’évolution du nombre d’heures déclarées dans les Attestations employeur mensuelles (AEM), représentant environ 94 % de l’activité déclarée sur le champ des intermittents du spectacle (voir France Travail), permet d’avoir une idée de la santé économique du secteur.

En 2022, l’activité avait fortement progressé pour atteindre un niveau supérieur à celui constaté en 2019. Une partie de cette progression était potentiellement imputable à un rattrapage de l’activité après la fin de l’impact du Covid.

Depuis 2022, l’activité sur le champ de l’annexe 10 progresse chaque année, avec un niveau supérieur à celui de 2019. L’activité sur le champ de l’annexe 8, quant à elle, se dégrade tendanciellement depuis le 2nd semestre 2023 (Graphique 6). 

Tableau 2 - Allocataires couverts par l'annexe 8 selon le domaine de métier principal

Domaine de métier – Annexe 8

2016

2024

2025

Part en 2025

Evol. / 2024

Evol moyenne / 2016

Image; prise de vues; vidéo projection; montage

7 603

10 525

10 280

15%

-2%

3%

Gestion de production et de post-production; diffusion; marketing

6 165

9 568

9 675

14%

1%

5%

Plateau; machinerie; structure

4 820

7 634

7 951

11%

4%

6%

Son

5 109

7 328

7 400

10%

1%

4%

Direction technique; régie spécialisée

4 370

7 207

7 345

10%

2%

6%

Scénographie; décor; accessoires; pyrotechnie

3 529

5 853

5 968

8%

2%

6%

Graphisme; animation 2D/3D; effets visuels

2 102

5 361

5 312

8%

-1%

11%

Lumière; éclairage

3 369

4 362

4 516

6%

4%

3%

Écriture; réalisation

4 544

4 020

3 909

6%

-3%

-2%

Costume; habillage

1 534

2 427

2 373

3%

-2%

5%

Électricité

798

1 403

1 370

2%

-2%

6%

Coiffure; maquillage

809

1 242

1 235

2%

-1%

5%

Exploitation et maintenance des matériels

577

897

928

1%

3%

5%

Information; animation d'émissions ou de spectacles

930

919

883

1%

-4%

-1%

Art dramatique

326

402

421

1%

5%

3%

Autres

288

475

505

1%

6%

6%

Non renseigné ou non disponible

426

379

475

1%

25%

1%

Ensemble

47 299

70 002

70 546

100%

1%

5%

Source : FNA, AEM, calculs Unédic
Champ : allocataires de l’annexe 8, France entière

Tableau 3 - Alloctaires couverts par l'annexe 10 selon le domaine de métier principal

Domaine de métier – Annexe 10

2016

2024

2025

Part en 2025

Evol. / 2024

Evol moyenne / 2016

Musique et chant

22 011

29 540

30 357

40%

3%

4%

Art dramatique

18 340

24 378

25 062

33%

3%

4%

Danse

4 794

6 979

7 177

9%

3%

5%

Écriture; réalisation

1 019

4 793

4 946

6%

3%

19%

Cirque; arts visuels; music-hall

1 771

3 351

3 576

5%

7%

8%

Autres ou non précisé

1 420

2 018

2 176

3%

8%

5%

Plateau; machinerie; structure

100

206

237

0%

15%

10%

Son

92

102

145

0%

42%

5%

Gestion de production et de post-production; diffusion; marketing

50

114

140

0%

23%

12%

Autres

163

277

262

0%

-5%

5%

Non renseigné ou non disponible

2 074

2 093

2 057

3%

-2%

0%

Ensemble

51 834

73 851

76 135

100%

3%

4%

Source : FNA, AEM, calculs Unédic
Champ : allocataires de l’annexe 10, France entière

Une hausse des dépenses d’indemnisation portée par l’augmentation du nombre d’allocataires

En 2025, les allocataires couverts par les annexes et 8 et 10 ont perçu 1,89 Md€ d’indemnisation (+4 % / 2024), dont 850 M€ environ au titre de l’annexe 8 (44 % de l’ensemble, +2 % / 2024) et 1 100 M€ environ au titre de l’annexe 10 (56 % de l’ensemble, +5 % / 2024) (Graphique 7A).

En 2025, cela représente une dépense moyenne par allocataire de 13 410 € brut (+1 % / 2024), soit environ 1 117 € par mois, un montant stable depuis 2014 (Graphique 7B). La hausse des dépenses d’indemnisation est donc principalement portée par l'augmentation du nombre d’allocataires, et non par celle du montant des allocations.

Les dépenses d’indemnisation représentent quatre fois le montant des contributions

Pour tous les CDD conclus dans le champ des annexes 8 et 10, une contribution spécifique de 7,4 % est due en sus de la contribution patronale de droit commun de 4 % et d’une quote-part de 1,47 point de CSG sur les revenus d’activité. Cette contribution spécifique est ainsi composée d’une seconde contribution patronale de 5 % et d’une contribution salariale de 2,4 %. Ainsi, le taux de contributions (contribution de droit commun et contribution spécifique) est de 11,4 %.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2020 et par dérogation à la contribution patronale de droit commun, la contribution patronale est de 4,5 % pour les CDDU d’une durée inférieure ou égale à 3 mois, excepté pour les emplois à caractère saisonnier.

En 2025, le montant de ces contributions est de 472 M€ (-0,3 % / 2024). Le ratio entre dépenses et contributions se dégrade tendanciellement : il atteint 4,01 en 2025 (Graphique 8).