En bref

Revalorisation des allocations d'assurance chômage, mode d'emploi - juin 2025

Une fois par an, les partenaires sociaux peuvent décider de revaloriser les allocations d’assurance chômage, avec effet au 1er juillet de l’année concernée. Cette publication détaille les mécanismes de revalorisation des paramètres de l’indemnisation chômage et présente l’impact de la revalorisation votée le 25 juin 2025 par le Conseil d’administration de l’Unédic.

25 juin 2025 - Laurent Brembilla et Alice Monfront

La revalorisation des allocations chômage fait partie des prérogatives des partenaires sociaux, prévues par le règlement d’assurance chômage. A ce titre, une revalorisation des allocations de 0,5 % a été votée lors du Conseil d’administration de l’Unédic du 25 juin 2025. Cette revalorisation entrera en vigueur le 1er juillet 2025. 

Cette publication vise à présenter la mesure prévue au 1er juillet 2025 et à exposer le mécanisme de revalorisation, les publics concernés et ses effets financiers, autant d’éléments d’éclairage produits par les services de l’Unédic et sur lesquels s’appuient les partenaires sociaux dans leur décision.

  • Les revalorisations, quand et comment ?

    En principe, la revalorisation des allocations d’assurance chômage ne peut intervenir qu’une fois par an et prend effet au 1er juillet. Pour rappel cependant, dans un contexte particulièrement inflationniste, en 2023, le Conseil d’administration de l’Unédic a procédé, à titre exceptionnel, à deux revalorisations annuelles des allocations chômage pour cette année-là.

    Aux termes des articles 20 du règlement général d’assurance chômage annexé à la convention du 15 novembre 2024 relative à l’Assurance chômage et 19 du règlement d’assurance chômage annexé à la convention du 15 novembre 2024 relative à l’Assurance chômage à Mayotte, les valeurs ou éléments pris en compte dans le calcul des allocations et pouvant faire l’objet d’une revalorisation sont les suivants :

    • les salaires de référence intégralement constitués par des rémunérations anciennes d'au moins 6 mois ;
    • les allocations ou parties d'allocations d'un montant fixe (partie fixe, allocation minimale, plancher formation) ;
    • le plancher empêchant l’application du coefficient de dégressivité et l’allocation journalière minimale après application du coefficient de dégressivité ;
    • le seuil de 20 € d’allocation pour pouvoir exercer son droit d’option.

Les paramètres des allocations du régime d’assurance chômage hors Mayotte

L’allocation chômage en France (hors Mayotte), appelée allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), est calculée à partir du salaire journalier de référence (SJR). Ce dernier correspond à la somme des salaires perçus, dits salaires de référence, entre le premier et le dernier jour d’emploi retenus dans la période de référence d’affiliation rapportée au nombre de jours de cette période.

L’allocation journalière augmente avec le SJR, mais le taux de remplacement (le rapport entre l’allocation et le SJR) diminue à mesure que le SJR croît. Ainsi, les SJR les plus faibles bénéficient d’un taux de remplacement de 75 %, tandis que les SJR les plus élevés sont indemnisés à hauteur de 57 % de leur SJR (hors application de la dégressivité, voir ci-dessous).

Pour les SJR intermédiaires, l’indemnisation repose soit sur la formule dite « standard » (combinant une partie fixe et une partie proportionnelle au SJR), soit sur l’allocation dite « minimale ». Un coefficient réducteur est appliqué à l’allocation minimale et à la partie fixe de la formule standard pour les personnes ayant travaillé à temps partiel. L’allocation journalière initiale, c’est-à-dire avant déduction de toute contribution, est ainsi donnée par la formule suivante :

Formule1

Lorsqu’un allocataire entre en formation, il perçoit l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF). Celle-ci est calculée selon la même formule que l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), mais ne peut être inférieure à un montant plancher spécifique à l’AREF.

Pour certains allocataires, le calcul de l’allocation journalière tient également compte de la règle de dégressivité. Celle-ci concerne les bénéficiaires de l’ARE âgés de moins de 55 ans à la date de fin de contrat de travail retenue pour l’ouverture de droit (et 57 ans pour les contrats ayant pris fin avant le 1er avril 2025), et ayant une allocation journalière supérieure à une allocation plancher. Une dégressivité maximale de 30 % s’applique dès lors qu’ils ont été indemnisés plus de 182 jours (6 mois).

Leur allocation journalière est ainsi égale à :

Formule2

Le Graphique 1 présente le montant de l’allocation journalière initiale en fonction du SJR mensualisé pour un allocataire ayant travaillé à temps plein et dont le SJR mensualisé est inférieur à 4 000 €. Le Graphique 2 représente cette même relation pour les SJR mensualisés supérieurs à 4 000 € et inférieurs à quatre fois le plafond mensuel de la Sécurité Sociale (PMSS), soit 15 700 €. Sur le Graphique 2, les allocataires avec un SJR mensualisé supérieur à 4 915 € sont soumis à la dégressivité après 6 mois d’indemnisation, il y a donc deux formules distinctes selon que l’allocataire a été indemnisé plus ou moins de 6 mois.

L’impact de la revalorisation : estimation du nombre d’allocataires concernés

Plusieurs paramètres peuvent faire l’objet d’une revalorisation qui touche alors des groupes d’allocataires différents.

Une revalorisation du salaire journalier de référence (SJR) bénéficie aux allocataires présents à la date d’application de la revalorisation et dont le SJR est intégralement constitué par des rémunérations anciennes d'au moins 6 mois, c’est-à-dire dont la dernière fin de contrat de travail ayant conduit à l’ouverture de leur droit remonte à plus de 6 mois.

Ainsi, la revalorisation du SJR intervenant au 1er juillet 2025 bénéficie aux allocataires présents au 1er juillet 2025 et dont la dernière fin de contrat de travail est intervenue au plus tard le 31 décembre 2024.

En revanche, une revalorisation de la partie fixe ou de l’allocation dite minimale bénéficie aux allocataires concernés par ces paramètres présents à la date d’application de la revalorisation et à tous les futurs entrants.

Le Tableau 1 fournit une estimation du nombre d’allocataires concernés par la revalorisation au 1er juillet 2025, selon la formule de calcul qui s’applique à leur situation.

Tableau 1 - Estimation des allocataires en ARE ou AREF potentiellement concernés par une revalorisation au 1er juillet 2025

Formule

Ancienneté

Estimation des allocataires concernés par une revalorisation 
au 1er juillet 2025*

Type de revalorisation

Répartition 

Effectifs 

75 % SJR

Moins de 6 mois

6 %

130 000

Hors champ de la revalorisation

Plus de 6 mois

15 %

360 000

Revalorisation de leur SJR

ARE minimale

Quelle que soit l’ancienneté

5 %

110 000

Revalorisation de l’ARE minimale

40,4 % SJR + partie fixe

Moins de 6 mois

11 %

260 000

Revalorisation de leur partie fixe (pas de revalorisation du SJR)

Plus de 6 mois

35 %

850 000

Revalorisation de leur partie fixe et revalorisation de leur SJR

57 % SJR

Moins de 6 mois

6 %

140 000

Hors champ de la revalorisation

Plus de 6 mois : hors plancher dégressivité

21 %

510 000

Revalorisation de leur SJR

Plus de 6 mois : plancher dégressivité

1 %

30 000

Revalorisation du plancher de la dégressivité

AREF plancher

Quelle que soit l’ancienneté

1 %

10 000

Revalorisation de l’AREF plancher

Total

100 %

2 400 000


* Le nombre d’allocataires potentiellement concernés par une revalorisation au 1er juillet 2025 est estimé à partir de la répartition des allocataires selon la formule de calcul de l’allocation et l’ancienneté au 28 février 2025. Cette répartition est ensuite appliquée à l’effectif indemnisé ARE/AREF prévu au 30 juin 2025.
Source : FNA, prévisions financières de l’Unédic de juin 2025.
Champ : allocataires indemnisés en ARE/AREF, hors annexes 8 et 10, France entière.

La revalorisation de 0,5 % effective au 1er juillet 2025 concerne l’ensemble des paramètres de la formule de calcul :

  • les salaires de référence des allocataires dont les rémunérations qui le composent sont intégralement afférentes à des périodes d’il y a plus de 6 mois, c’est-à-dire antérieures au 1er janvier 2025 ;
  • le montant de la partie fixe de l'allocation d'aide au retour à l'emploi qui a été porté à 13,18 € (13,11 € du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025) ;
  • le montant de l'allocation minimale d'aide au retour à l'emploi (ARE mini) qui a été porté à 32,13 € (31,97 € du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025) ;
  • le plancher de l’allocation pour les allocataires en formation (bénéficiaires de l’AREF) a été porté à 22,99 € (22,88 € du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025) ;
  • le plancher relatif à l'application du coefficient de dégressivité a été fixé 92,57 € (92,11 € du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025).

On estime ainsi que :

  • 78 % des allocataires, soit environ 1 880 000 personnes, sont concernés par la revalorisation de la totalité des composantes de leur allocation ;
  • 11 % des allocataires, soit environ 260 000 personnes, sont concernés par une revalorisation de la partie fixe, mais pas du SJR car ils n’ont pas l’ancienneté requise ;
  • 1 % des allocataires, soit environ 30 000 allocataires, seraient concernés par la revalorisation du plancher de la dégressivité.
  • 11 % des allocataires, soit environ 270 000 allocataires, sont hors champ de la revalorisation et ne seraient donc pas concernés.

Au total, ce sont 2 140 000 allocataires de l’Assurance chômage qui voient leur allocation revalorisée via une revalorisation de tout ou partie des paramètres.

L’historique des revalorisations et des valeurs des paramètres depuis 2008 est disponible en Annexe.

Des effets à plusieurs niveaux

De façon générale, l’effet de la revalorisation du SJR est fort au cours des premiers mois suivant la revalorisation et moindre ensuite. En effet, cette revalorisation ne concerne que les allocataires présents à date de la revalorisation (et ayant au moins 6 mois d’ancienneté), puis s’atténue au gré des sorties d’indemnisation.

La revalorisation des paramètres de la formule (partie fixe, allocation minimale) a en revanche un impact financier plus durable, puisque les nouveaux entrants en bénéficient aussi. Elle concerne cependant moins d’allocataires et a donc un effet financier moindre.

L’effet financier d’une revalorisation est estimé pour l’année en cours et l’année prochaine sur la base des dernières prévisions de dépenses d’ARE/AREF disponibles.

Le Tableau 2 présente le détail des effets financiers en 2025 et en 2026 d’une revalorisation au 1er juillet 2025, pour chaque composante du calcul de l’allocation, par rapport à l’absence de revalorisation.

Le coût de la revalorisation simultanée de plusieurs éléments est égal au plus à la somme des coûts de la revalorisation de chaque élément. Par simplicité, une ligne « Total » indique ce montant maximal.

Les prévisions financières de juin 2025 intègrent une hypothèse de revalorisation des allocations de 0,6 % au 1er juillet 2025 et de 0,6 % au 1er juillet 2026 également, hypothèse qui repose sur l’évolution moyenne des revalorisations des années antérieures (sans présager des éventuelles décisions à venir). Ainsi, le niveau d’endettement et les dépenses prévus pour l’Unédic dans les prévisions de juin 2025 intègrent déjà un effet revalorisation global de +240 M€ à fin 2026.

Tableau 2 – Effet financier sur les dépenses d’allocations en 2025 et 2026 de la revalorisation de 0,5 % au 1er juillet 2025, selon l’élément revalorisé, en M€

Eléments revalorisés

Période d’impact

Montants 
 (en M€)

SJR*

S2 2025

42

2026

49

Total

91

ARE minimale

S2 2025

3

2026

5

Total

8

Partie fixe

S2 2025

11

2026

21

Total

33

AREF plancher

S2 2025

0

2026

1

Total

1

Dégressivité

S2 2025

2

2026

5

Total

7

Total

S2 2025

58

2026

81

Total

140

* Pour les allocataires avec au moins 6 mois d’ancienneté au 1er juillet 2025
Sources : FNA, prévisions financières de l’Assurance chômage de juin 2025, Unédic
Champ : dépenses en ARE /AREF, hors annexes 8 et 10, France entière

Enfin, les éléments présentés dans cette publication ne détaillent pas les spécificités du régime d’assurance chômage à Mayotte. L’impact financier d’une revalorisation pour les allocataires mahorais est marginal, en raison de leur faible nombre (2 900 au troisième trimestre 2024). Les mesures d’urgence adoptées à la suite du cyclone Chido augmentent de manière transitoire le nombre d’allocataires indemnisés, 3 200 à fin février 2025, mais l’impact financier d’une revalorisation des allocations à Mayotte demeure marginal.

Annexe - Dernières revalorisations des paramètres et niveau des paramètres de l’Assurance chômage

Au 1er juillet

Revalorisation SJR

Revalorisation autres paramètres

Partie fixe 

ARE minimale

AREF minimale

Plancher de dégressivité 

2008

2,5%

2,5%

10,93 € 

26,66 € 

19,11 € 

 

2009

1,0%

1,0%

11,04 € 

26,93 € 

19,30 € 


2010

1,2%

1,2%

11,17 € 

27,25 € 

19,53 € 


2011

1,5%

1,5%

11,34 € 

27,66 € 

19,82 € 


2012

2,0%

2,0%

11,57 € 

28,21 € 

20,22 € 


2013

0,0%

0,6%

11,64 € 

28,38 € 

20,34 € 


2014

0,0%

0,7%

11,72 € 

28,58 € 

20,48 € 


2015

0,0%

0,3%

11,76 € 

28,67 € 

20,54 € 


2016

0,0%

0,0%

11,76 € 

28,67 € 

20,54 € 


2017

0,7%

0,7%

11,84 € 

28,86 € 

20,67 € 


2018

0,7%

0,7%

11,92 € 

29,06 € 

20,81 € 


2019

0,7%

0,7%

12,00 € 

29,26 € 

20,96 € 

 84,33 €

2020

0,4%

0,4%

12,05 € 

29,38 € 

21,04 € 

 84,67 €

2021

0,6%

0,6%

12,12 € 

29,56 € 

21,17 € 

 85,18 €

2022

2,9%

2,9%

12,47 €

30,42 €

21,78 €

 87,65 €

au 1er avril 2023 

1,9%

1,9%

12,71 €

31,00 €

22,19 €

89,32 €

au 1er juillet 2023

1,9%

1,9%

12,95 €

31,59 €

22,61 €

91,02 €

2024

1,2%

1,2%

13,11 €

31,97 €

22,88 €

92,11 €

2025

0,5%

0,5%

13,18 €

32,13 €

22,99 €

92,57 €

Source : Unédic