A la fin 2025, la dette de l’Unédic s’établit à près de 60 Md€. Comment s’explique cette paralysie du désendettement ?
Par des décisions unilatérales de l’État. En 2022, le régime avait commencé à se désendetter grâce à un solde excédentaire. Mais l’État a décidé de prélever une partie de ces excédents, le privant de près de 13 Md€ de recettes sur la période 2023-2026. L’Unédic a donc dû recourir plus largement aux émissions de dette court terme sur les marchés financiers, ce qui a engendré des coûts de financement supplémentaires.
En l’absence de prélèvements, les excédents du régime auraient permis de faire face aux échéances de remboursement de la dette, sans qu’il soit nécessaire de réemprunter.
Quand peut-on espérer une amélioration ?
La situation économique se dégrade, impactant doublement le régime d’assurance chômage. Celui-ci est en effet beaucoup plus sensible à la conjoncture que certaines branches de la Sécurité sociale, puisqu’en période de ralentissement économique, les recettes se contractent tandis que les dépenses liées au versement des allocations chômage augmentent.
Par ailleurs, en 2026, l’Unédic devra rembourser les premières échéances de la « dette Covid », contractée à l’époque à des taux proches de zéro. Faute d’excédents, il faudra pour les rembourser à nouveau emprunter, mais à des taux plus élevés : aujourd’hui, ceux-ci se situent autour de 3,7 % - 3,8 % pour des émissions à dix ans. Enfin, cette année, l’État poursuit ses prélèvements, à hauteur de 4,1 Md€. Á la fin 2026, la dette devrait donc s’élever à 61,5 Md€. Sans les prélèvements et les dépenses liées aux intérêts, celle-ci n’aurait été que de 49,4 Md€.
Le régime d’assurance chômage est sain et viable, à condition qu’on le laisse se réajuster et qu’on cesse de le fragiliser.
Et en 2027 ?
En 2027, l’Assurance chômage devrait retrouver sa capacité de désendettement. Mais à la condition que les prélèvements cessent. C’est la raison pour laquelle les partenaires sociaux en appellent aux pouvoirs publics. Si l’on veut que le régime d’assurance chômage soit géré de manière responsable, il faut leur laisser la main et mettre fin à ces décisions qui déstabilisent le régime.
Ce dernier est sain et viable, à condition qu’on le laisse se réajuster et qu’on cesse de le fragiliser. Nous alertons les pouvoirs publics depuis des années sur ce sujet et nous avons l’impression d’être de plus en plus entendus.
Le Parlement, lors du vote du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) 2025, a tenté de remettre en cause la possibilité laissée au gouvernement d’opérer des ponctions sur les excédents du régime, pour donner la main au Parlement. Cette mesure n’a pas pu aboutir, mais cette initiative parlementaire montre bien que nous ne sommes pas les seuls à considérer qu’utiliser les excédents de l’Unédic comme variable d’ajustement financière de l’État ne relève pas d’une bonne gestion des finances publiques.
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Le rapport d'activité 2025 de l'Unédic est disponible !
En savoir plus (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)Le marché du travail demain, la trajectoire de desendettement, les profils des demandeurs d'emploi, ou encore la protection pour les indépendants... Autant de thématiques évoquées au sein de Transitions, le rapport annuel de l'Unédic.