Dans un environnement incertain, l’Unédic apporte des éclairages uniques sur les perceptions du chômage et de l’emploi, avec un suivi de l’opinion particulièrement utile aux partenaires sociaux et au débat public.
Dans les récits des demandeurs d’emploi, des leviers pour favoriser le retour à l’emploi
Ne pas avoir de mode de garde pour un enfant, subir des problèmes de santé, connaître des difficultés avec la langue française, être senior, être en situation de handicap, ne pas avoir accès à la voiture ou aux transports : tels sont les premiers freins au retour à l’emploi identifiés par les demandeurs d’emploi lorsqu’on les interroge. Pour 7 d’entre eux sur 10, connaître un de ces freins a même conduit à renoncer à un emploi (renoncer à envoyer une candidature, à se rendre à l’entretien, à accepter une offre d’emploi).
Invités à s’exprimer librement sur leurs expériences face à ces difficultés au fil de l’enquête, les demandeurs d’emploi révèlent la complexité des situations qui peuvent éloigner de l’emploi. Ils se disent pourtant prêts à des concessions sur le type d’emploi, le niveau de salaire et leur temps de trajet ; 4 sur 10 se disent même prêts à déménager, même si cette option est difficilement envisageable pour une majorité de demandeurs d’emploi.
Pour ce 7ème volet, le Baromètre Unédic explore le sujet majeur des obstacles périphériques éprouvés par les demandeurs d’emploi. Leurs témoignages illustrent les freins que les politiques publiques doivent contribuer à lever pour favoriser le retour à l’emploi.
Un contexte d’incertitude : les demandeurs d’emploi plus pessimistes, les actifs en emploi plus prudents
La perception de la situation de l’emploi se détériore fortement dans un contexte économique et politique marqué par l’incertitude : 66 % (+ 16 points) des Français estiment qu’elle se dégrade, un niveau qui s’approche de celui constaté en juillet 2020, au cœur de la pandémie de Covid-19.
Les demandeurs d’emploi se montrent plus pessimistes sur leur capacité à retrouver un emploi durable (66% de probabilité « faible à moyenne », + 6 points). La part de demandeurs d’emploi faisant part de difficultés financières depuis qu’ils sont au chômage est élevée : 74 %, dont 49 % (+ 5 points) évoquent une nette dégradation de leur situation financière.
Les actifs en emploi, quant à eux, affichent un optimisme en trompe l’œil : près de 7 sur 10 estiment peu probable de connaître une période de chômage dans les 2 prochaines années ; ils figent leurs perspectives professionnelles, avec un recul sensible des projets de changement de métier (17 %, - 8 points).
Le sentiment d’attachement à l’Assurance chômage demeure majoritaire (56 %, - 4 points). Il progresse chez les personnes qui en ont le plus besoin et recule chez les publics les plus éloignés du chômage.
Plus de 7 actifs sur 10 considèrent que « le fait qu’il existe des allocations chômage réduit l’inquiétude de perdre son emploi », et 37 % des actifs qui ont changé d’emploi au cours de leur vie professionnelle estiment qu’ils n’auraient pas pu le faire sans l’Assurance chômage.
L’information fait reculer la critique à l’encontre des demandeurs d’emploi
Le Baromètre fait émerger une certaine méconnaissance des réalités du chômage et des droits à l’Assurance chômage. Cette méconnaissance nourrit des critiques qui, sans être partagées par une majorité, concernent une minorité substantielle de Français. Les demandeurs d’emploi se sentent davantage méprisés (29%, + 6 points) et font régulièrement l’expérience d’une forme d’inquisition sur leur recherche d’emploi (54%, + 8 points).
L’information factuelle permet de faire reculer les opinions les plus stigmatisantes. Ainsi, avant information, 36 % des Français considèrent le montant des allocations chômage trop élevés. Lorsqu’on leur présente un cas précis avec un montant d’allocation correspondant à un montant de salaire perdu, la part de répondants considérant l’allocation trop élevée n’est plus que de 13 %. Durée des allocations, perceptions que les demandeurs d’emploi sont des fraudeurs ou des assistés… Sur tous ces items, la part de répondants formulant des critiques recule après le partage d’information (- 5 à - 8 points).
-
Méthodologie de l'enquête
- Le terrain d’enquête a été réalisé du 3 au 29 septembre 2025.
- 4 553 Français (dont 1 547 demandeurs d’emploi) interrogés.
- La représentativité est assurée selon la méthode des quotas et toutes les catégories des demandeurs d’emploi sont représentées selon leur poids réel dans l’échantillon total.