Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), à destination des salariés licenciés économiques d’une entreprise de moins de 1 000 salariés ou en redressement ou liquidation judiciaire, est un accompagnement renforcé et personnalisé sur 12 mois, assorti d’une allocation chômage plus avantageuse (sous condition d’ancienneté), visant à accélérer et faciliter le retour à l’emploi. En 2025, près de 100 000 personnes ont adhéré au dispositif, après 81 000 adhérents en 2023 et 93 000 en 2024, en lien avec le ralentissement économique.
Deux études sont présentées ici. L’une examine l’accès à l’emploi des adhérents au CSP, l’autre détaille le profil des bénéficiaires du CSP.
L’accès à l’emploi des bénéficiaires du CSP
Quelles sont les perspectives de retour à l’emploi des licenciés économiques qui optent pour le CSP ? Cette étude s’intéresse à l’accès à l’emploi des personnes qui adhèrent au dispositif en comparaison aux autres allocataires arrivant au chômage après un CDI. Elle mobilise des données administratives du Fichier national des allocataires (FNA) ainsi que les Déclarations sociales nominatives (DSN) permettant de caractériser les emplois retrouvés, et s’inscrit dans une série de publications de l’Unédic dressant un état des lieux de ce dispositif spécifique.
- Deux ans après leur adhésion au dispositif, 7 bénéficiaires du Contrat de sécurisation professionnelle sur 10 ont accédé à emploi « durable », c’est-à-dire un contrat d’au moins 6 mois (CDD, intérim) ou un CDI, ou créé une entreprise.
- L’accès à l’emploi salarié est plus rapide et plus fréquent pour les bénéficiaires du CSP par rapport aux autres allocataires après un CDI, et ce quels que soient l’horizon et le type de contrat considérés. Plus de 4 sur 10 ont accédé à un emploi salarié « durable », CDI ou contrat temporaire d’au moins 6 mois, dans les 12 mois qui suivent leur ouverture de droit, 6 sur 10 à horizon de 24 mois. Comme cela a été montré dans des précédentes études, les reprises d’emploi sont dynamisées par l’existence d’une prime de reclassement bénéficiant aux adhérents qui reprennent un emploi durable dans les 10 premiers mois : un tiers des adhérents au CSP en bénéficient.
- Comparativement aux autres allocataires de l’Assurance chômage qui arrivent après un CDI, les bénéficiaires du CSP sont moins fréquemment créateurs d’entreprise pendant la période de CSP : seulement 4 % dans les 12 mois qui suivent l’adhésion contre 18 % des autres licenciés économiques ou des allocataires post rupture conventionnelle. Cette différence s’explique certainement par le fait qu’une création d’entreprise induit une sortie du dispositif et le passage au droit commun ; les licenciés économiques qui ont un projet de création d’entreprise ne s’engagent probablement pas dans le dispositif. Deux ans après l’arrivée au chômage, 10 % des bénéficiaires du CSP ont créé une entreprise, soit deux fois moins que les autres licenciés ou ruptures conventionnelles.
► Consulter l’étude sur l’accès à l’emploi des bénéficiaires du CSP
Quel est le profil des adhérents au CSP ?
Comment le profil des adhérents au dispositif évolue en lien avec cette augmentation des entrées ? Les parcours de retour à l’emploi se ressemblent-ils pour tous les profils ? Cette étude dresse une typologie des bénéficiaires du CSP et des reprises d’emploi qui s’inscrit dans une série de publications de l’Unédic dressant un état des lieux de ce dispositif spécifique.
- Si les licenciés économiques adhérant au CSP sont un peu plus souvent des hommes et sont en moyenne plus âgés que les autres chômeurs issus de CDI, 6 profils se distinguent. Trois sont déterminés par leur secteur d’activité d’origine leur emploi : « Secteur tertiaire » (33 % des entrants), « Construction » (14 %) et « Industrie » (12 %). Deux se distinguent par les conditions d’emploi antérieures : « Cadres » (20 %) et « Temps partiel » (15 %) ; enfin les « Jeunes » constituent un groupe à part (7 %).
- Diverses études sur le CSP montrent que le CSP conduit plus rapidement à l’emploi salarié. La vitesse de reprise d’emploi dépend toutefois sans surprise du profil des adhérents. Les « jeunes » de moins de 25 ans en CSP reprennent plus rapidement un emploi que les autres bénéficiaires, comme c’est généralement le cas parmi les allocataires de l’Assurance chômage (les deux tiers ont retravaillé 12 mois après leur adhésion). Les adhérents des groupes « Temps partiel », « Secteur tertiaire » et « Cadres » retrouvent en revanche moins rapidement un emploi salarié (un sur deux à 12 mois).
- L’accès à l’emploi durable se fait de manière un peu moins différenciée ; même s’il est plus fréquent parmi les « Jeunes » (49 % à 12 mois versus 42 % à 44 % pour les autres profils) et bien que les anciens salariés à « Temps partiel » accèdent moins souvent à un contrat d’au moins 6 mois ou un CDI dans les 12 mois de CSP.