Analyses

Indicateurs de suivi du contrat de sécurisation professionnelle (CSP) - décembre 2025

Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) fait l'objet d'un suivi trimestriel par l'Unédic. Voici les résultats publiés au mois de décembre 2025.

2 décembre 2025 - Florine Martin

Le Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est proposé à tous les licenciés économiques des entreprises de moins de 1 000 salariés, ou en liquidation / redressement judiciaire. Cette note synthétise les éléments de suivi des mesures de la convention du 26 janvier 2015 relative au CSP, prolongée fin 2024 : évolution de la population bénéficiaire du CSP, accès à l’emploi et à la formation en cours de CSP, durée passée dans le dispositif.

Le 2ᵉ trimestre 2025 se caractérise par une situation globalement stable. Les défaillances d’entreprises sont en légère hausse, tandis que le nombre d’emplois menacés recule. Le nombre d’adhésions au Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) reste stable, avec 24 100 entrées sur le trimestre. Le recours à la prime de reclassement demeure inchangé, autour d’un tiers des bénéficiaires. En conséquence, le nombre total de bénéficiaires du dispositif se stabilise autour de 76 700 fin juin 2025.

Pour en savoir plus : accéder aux jeux de données sur le CSP

24 100 adhésions au 2e trimestre 2025

Le nombre d’adhésions au CSP au 2e trimestre 2025 se porte à 24 100 adhésions. Le chiffre est stable par rapport au trimestre précédent (+500 adhésions) (Graphique 1). Dans le même temps, les inscriptions à France Travail pour motif de licenciement économique sont en très légère baisse avec 32 300 inscriptions pour motif de licenciement économique. 

16 600 défaillances d’entreprise ont été enregistrées au 2e trimestre 2025 (1,3 %) et 65 000 emplois (-6,5 %) sont menacés. Le secteur de la construction résiste tandis que celui de la restauration traditionnelle connait des difficultés. Certaines grandes entreprises sont touchées comme SFR (près de 6 000 emplois) (Source : estimations Altares).

Le nombre de bénéficiaires indemnisés en CSP reste relativement stable

Le nombre de bénéficiaires indemnisés en CSP reste stable avec 76 700 à la fin du 2e trimestre 2025, sous l’effet de moindres adhésions et de sorties stables (Graphique 2).

L’accès à l’emploi en cours de CSP reste stable

Alors que l’accès à l’emploi en cours de CSP avait baissé sous l’effet de la crise sanitaire, celui-ci s’est amélioré durant l’année 2021. Depuis, l’accès à des périodes d’emploi salarié en cours de dispositif est stable sans avoir totalement retrouvé son niveau d’avant crise : avant 2019, environ un bénéficiaire sur trois travaillait en cours de CSP, alors que parmi les entrants au T2 2024 (dernière cohorte d’entrants observée dans son intégralité), près de 3 sur 10 (27 %) travaillent pendant leur CSP (Graphique 3).

L’accès à la formation durant le CSP continue de baisser

L’accès à la formation est très sensible aux plans gouvernementaux ainsi qu’au calendrier des entrées en formation. Depuis plusieurs années, sous l’effet du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) mais également de la crise qui a incité les actifs à se former, les adhérents au CSP, comme les autres demandeurs d’emploi, sont plus nombreux à bénéficier d’une formation - entre 30 % et 38 % selon les trimestres (Graphique 4), alors que parmi l’ensemble des allocataires à l’Assurance chômage entre 9 % et 14 % suivent une formation dans les 12 mois après leur inscription à France Travail. Après une forte hausse pendant plus d’une année et comme pour l’ensemble des demandeurs d’emploi, l’accès à la formation baisse nettement pour atteindre 26 % parmi les entrants en CSP au 2e trimestre 2024.

Stable depuis longtemps, la première formation en cours de CSP débute en moyenne entre 5 et 6 mois après l’inscription à France Travail et la durée moyenne passée en formation pendant le CSP est de 4 mois en moyenne. En comparaison, la durée moyenne des formations suivies par les demandeurs d’emploi au cours de l’année 2024 était de 342 heures, soit environ 2 mois (Source : France Travail).

L’accès à la prime de reclassement reste stable également

Une prime de reclassement est versée aux bénéficiaires du CSP lors de la reprise d’un emploi d’au moins 6 mois avant la fin du 10e mois passé dans le dispositif. Cette prime correspond à la moitié des droits restants en ASP (Allocation de sécurisation professionnelle) et est versée en 2 fois, sur demande et production de justificatifs, à la reprise d’une activité salariée durable, puis 3 mois après en cas de maintien dans l’activité.

Depuis 2023, le taux de recours à la prime de reclassement reste stable, autour d’un tiers des adhérents au CSP en bénéficient (Graphique 5).

L’indicateur de « taux de persistance » sur les listes de France Travail toujours relativement stable

La part de bénéficiaires du CSP toujours inscrits sur les listes de France Travail 6, 12 ou 24 mois après leur inscription en CSP, dite « taux de persistance », a diminué régulièrement depuis 2015, sous l’effet des changements introduits dans la convention 2015 (notamment l’introduction de la prime de reclassement).

Du fait de la crise et corolaire de l’accès plus fort à la formation, cet indicateur avait augmenté courant 2020 puis s’est à nouveau amélioré depuis en diminuant à nouveau. Ainsi, 56 % des entrants au T1 2024 sont toujours inscrits à France Travail un an après leur adhésion au CSP contre 55 % pour la cohorte du T1 2023 (Graphique 6). Pour certains, ils peuvent être toujours en cours de CSP en vertu des possibilités de prolongement de la durée du dispositif dans certaines situations (par exemple en cas de reprise d’emploi, d’arrêt maladie, congé maternité ou paternité, congé d’adoption ou congé proche aidant).

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