Prévisions financières

Prévisions financières de l'Unédic - mars 2026

Le déficit de l’Assurance chômage atteindrait 2,1 Md€ en 2026, dans un contexte marqué par des décisions de l’État amputant les recettes de l’Unédic, alors même que les premières échéances de remboursement de la dette « Covid » se présentent. 

3 mars 2026 - Laure Baquero, Cassandre Baufle, Boris Koehler, Gaëtan Stéphan, Yann Desplan

Face à des perspectives économiques moroses, l'Assurance chômage demeure confrontée au défi de son désendettement. Les mesures décidées par l'État en 2023 pèsent toujours lourdement sur la capacité du régime à résorber la dette accumulée pendant la crise Covid-19. 

Une poursuite de la hausse du chômage au sens du BIT est attendue pour 2026 (8,1 % contre 7,9 % en 2025), avant une décrue progressive en 2027 (7,8 %) et 2028 (7,7 %). Malgré la dégradation du marché de l'emploi, le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés par l'Assurance chômage demeurerait contenu par les effets des changements réglementaires intervenus depuis 2021 : 2,6 millions en 2026, un niveau stable par rapport à 2025. En 2027 et 2028, ce nombre reculerait, majoritairement sous l'effet de l'amélioration de la conjoncture.

Un trou d'air dans les recettes

Le niveau des dépenses d'indemnisation resterait élevé : 38 Md€ en 2026 après 37,2 Md€ en 2025. Les deux années suivantes, les dépenses liées aux allocations ne reculeraient que modérément pour atteindre 37,5 Md€ en 2028. À cela s'ajouteraient les autres dépenses du régime, et notamment le financement de France Travail, dont le poids augmenterait, passant de 11,5 % des contributions effectivement perçues par l'Unédic en 2025 à 12,0 % en 2028. Les dépenses totales de l'Assurance chômage, après avoir stagné en 2025 (45,3 Md€), augmenteraient en 2026 (46,3 Md€) et 2027 (46,6 Md€), avant un reflux en 2028 (46,2 Md€).

Sur le plan des recettes, l'Assurance chômage subirait encore les conséquences du trou d'air causé par les décisions de l'État. Après 3,35 Md€ en 2025, les moindres compensations d'exonérations amputeront les recettes de l'Unédic en 2026 de 4,1 Md€. Les textes législatifs ne mentionnent pas de tels prélèvements pour les années 2027 et 2028. Les recettes de CSG seront également pénalisées par la modification de l'assiette de cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants (800 M€ en 2026, puis 400 M€ chaque année ensuite). Sous contraintes, les recettes effectivement perçues par l'Unédic seraient donc de 45,3 Md€ en 2025, 44,2 Md€ en 2026 puis, en l'absence de prélèvements par l'Etat, de 49,4 Md€ en 2027 puis 51 Md€ en 2028.

Un solde dégradé en 2026

Le solde de l’Assurance chômage reflèterait les contraintes pesant sur les recettes, en même temps que les pressions sur les dépenses. À l’équilibre en 2025, il serait sensiblement dégradé en 2026 (-2,1 Md€), avant de redevenir excédentaire en 2027 (+2,8 Md€) et 2028 (+4,8 Md€), dans l’hypothèse d’une absence de prélèvements de l’État sur les recettes du régime.

La dette du régime d’assurance chômage est affectée par ces évolutions, avec une hausse du niveau d’endettement en 2026 à 61,5 Md€, contre 59,4 Md€ en 2025. En 2026, l’Assurance chômage sera contrainte de refinancer la dette qu’elle avait contractée à des taux faibles au moment de la crise Covid dans un contexte, cette fois-ci, de taux élevés. Le désendettement reprendrait en 2027, pour un niveau de dette attendu à 53,9 Md€ en 2028, une fois encore dans l’hypothèse de l’absence de prélèvements de l’État. Si les prélèvements décidés entre 2023 et 2026 n’étaient pas intervenus, la dette de l’Unédic aurait atteint fin 2028 un niveau de 41,9 Md€, à mettre en regard avec l’endettement « pré-Covid », qui s’élevait à 36,8 Md€ fin 2019.

  • A propos de cette prévision

    L’Unédic retient comme hypothèses de croissance et d’inflation les prévisions du Consensus des économistes, moyenne des prévisions d’une vingtaine d’instituts et banques, publiées chaque mois. La présente prévision repose sur la publication du Consensus des économistes de février 2026.  

    Le Projet de Loi de Finances (PLF) et celui concernant la Sécurité Sociale (PLFSS) de 2026 sont intégrés à cet exercice de prévision, y compris la suspension de la réforme des retraites entre septembre 2026 et décembre 2027.

    Les effets potentiels de la loi pour le Plein emploi prévoyant une inscription élargie auprès de France Travail en 2025, notamment des bénéficiaires du RSA, sont intégrés dans cet exercice de prévision ; ils sont néanmoins susceptibles d’être révisés à l’avenir en fonction de l’évolution des données disponibles.

    La prévision financière pour les années 2027 et 2028 sont empreintes d’une incertitude importante dans la mesure où non seulement elle repose sur une trajectoire de croissance du PIB inscrite sur un horizon plus lointain mais aussi sur l’hypothèse d’absence d’intervention de l’État sur les recettes.

    La prévision financière présentée dans cette note ne tient pas compte du résultat des négociations entre les partenaires sociaux sur le régime d’assurance chômage de février 2026.