L’Unédic vient de publier une étude sur la reprise d’emploi, qui met en évidence que c’est au cours des premiers mois d’indemnisation que la probabilité de reprendre pour la première fois un emploi salarié est la plus élevée.
Cette nouvelle étude complète ces résultats, en apportant un focus sur les premières reprises d’emploi qui interviennent les derniers mois du droit chômage. En effet, élevée les premiers mois d’indemnisation, cette probabilité diminue ensuite progressivement, jusqu’à un léger rebond dans les derniers mois du droit, c’est-à-dire les derniers mois où les allocataires peuvent recevoir une indemnisation chômage. Les allocataires qui reprennent un emploi seulement à l’atteinte de l’échéance de leur droit restent cependant minoritaires puisque ce rebond ne concernerait que 2,1 % à 2,6 % des allocataires, à savoir environ 40 000 personnes sur les 1,7 million d’allocataires étudiés.
Dans ce rebond, deux populations se détachent :
- les allocataires ayant créé ou repris une entreprise, qui ont une durée potentielle de droit de 24 mois (durée maximale pendant laquelle un allocataire peut recevoir une indemnisation) ;
- les allocataires saisonniers, qui ont une durée potentielle de droit de 6 mois.
Les allocataires entrepreneurs pèseraient entre un quart et un tiers du rebond en fin de droit
Ces allocataires entrepreneurs pèseraient entre un quart et un tiers du rebond, soit environ 10 000 personnes, alors qu’ils ne représentent que 7 % de l’ensemble des allocataires. On peut supposer qu’une partie de ces premières reprises d’emploi salarié pourrait faire suite à un abandon du projet entrepreneurial, qui n’aurait pas réussi à être viable avant l’échéance du droit. Cette étude met en lumière une deuxième piste d’explication, liée à une forme d’optimisation connue, mais jusqu’ici peu chiffrée. Pour quelques milliers d’allocataires, ces premières reprises d’emploi ne correspondraient pas à une reprise d’emploi standard, mais à une première rémunération perçue en tant que dirigeant de la société qu’ils ont créée. Ces derniers n’auraient pas financièrement intérêt à se rémunérer plus tôt, puisque leur indemnisation chômage s’en verrait alors réduite partiellement ou totalement.
Les allocataires saisonniers ont un poids résiduel dans le rebond
Du côté des allocataires saisonniers dont la durée potentielle de droit s’élève à 6 mois, leur poids dans le rebond est résiduel puisqu’ils représentent seulement 0,2 % de l’ensemble des allocataires étudiés. Même s’ils sont très peu nombreux, leur première reprise d’emploi salarié est elle aussi marquée le dernier mois de leur droit. Ainsi, leur probabilité de reprendre pour la première fois un emploi le 6e et dernier mois d’indemnisation est 2,5 fois plus élevée que celle des non saisonniers. On suppose que pour ces quelques allocataires, l’alternance d’emplois saisonniers et de périodes de chômage pourrait faire partie intégrante de leur trajectoire professionnelle, quand l’emploi saisonnier se caractérise par ailleurs par des périodes d’emploi particulièrement intenses.