Les demandeurs d’emploi font-ils face à des difficultés particulières en Île-de-France ? Dans le prolongement des travaux autour du volet 7 du Baromètre de la perception du chômage et de l’emploi, l’Unédic s’est associée à l’Institut Paris Région afin de mettre en lumière les perceptions sur les freins à l’emploi dans la région Île-de-France. Ces perceptions ont été détaillées, pour la France entière, dans plusieurs publications récentes (voir Encadré). Sur la base des données collectée par le cabinet Elabe, qui réalise le Baromètre Unédic, l’Observatoire régional de l’emploi et de la formation (Oref) à l’Institut Paris Region révèle la manière dont les Franciliens considèrent la question des freins à l’emploi et expose les spécificités de l’Île-de-France.
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Les freins à l’emploi : perceptions et vécus
Pour le volet 7 de son Baromètre de la perception du chômage et de l’emploi, l’Unédic a souhaité explorer en détail les perceptions et le vécu des demandeurs d’emploi en matière de leviers et freins à l’emploi. Plusieurs publications mettent en avant ces résultats :
En Île-de-France comme au niveau national, les freins à l’emplois les plus redoutés par les demandeurs d’emploi ne sont pas nécessairement ceux qu’ils rencontrent le plus souvent. Par exemple, alors que 58 % des demandeurs d’emploi franciliens considèrent l’absence de mode de garde pour ses enfants comme particulièrement bloquante, c’est un autre frein qui est le plus fréquemment vécu (par 51 % des demandeurs d’emploi franciliens) : le fait d’avoir connu plusieurs refus lors de recherches d’emploi.
Des particularités franciliennes mises en lumière
Les résultats présentés par l’Institut Paris Région illustrent les spécificités de l’Île-de-France. « Par rapport à l’ensemble des demandeurs d’emploi français, les demandeurs d’emploi franciliens considèrent ainsi plus souvent comme des freins majeurs le manque d’expérience professionnelle (46 %, contre 37 %), le fait d’avoir des compétences qui ne correspondent pas aux besoins actuels du marché (41 %, contre 35 %) ou encore l’absence de maîtrise des outils numériques et informatiques (39 %, contre 31 %) », écrit l’Institut Paris Région. Ces différences soulignent « une vision d’un marché du travail plus exigeant et plus concurrentiel ».
Les Franciliens et Franciliennes qui recherchent un emploi sont « plus souvent prêts à des concessions pour retrouver un emploi, notamment des conditions d’emploi dégradées », 55 % étant par exemple disposés à accepter un temps partiel très réduit, contre 45 % des demandeurs d’emploi sur l’ensemble de la France.
La dépendance à la voiture est moins ressentie en Île-de-France, mais la mobilité reste un enjeu majeur
L’absence de voiture ou de permis de conduire est moins perçue comme un frein majeur en Île-de-France (17 % des demandeurs d’emploi, contre 43 % pour l’ensemble de la France). « La concentration des emplois dans Paris et la petite couronne ainsi que la densité du réseau de transports en commun contribuent à expliquer cette perception de moindre dépendance au permis de conduire et à la voiture », souligne l’Institut Paris Région. Pour autant, la part de demandeurs d’emploi ayant dû effectivement renoncer à un emploi faute de voiture ou de permis de conduire est un peu plus élevée en Île-de-France (49 % contre 44 %).
La géographie de la région contribue à expliquer d’autres différences mises en lumière par l’Institut Paris Région : « Parmi les difficultés rencontrées pour retrouver un emploi, "habiter en banlieue ou dans un quartier prioritaire de la ville" ressort particulièrement en Île-de-France (18 %, contre 12 % des demandeurs d’emploi français), contrairement au fait d’habiter à la campagne (17 %, contre 27 %) ou de vivre dans une zone mal desservie par les transports en commun (23 %, contre 31 %). »
L’Institut Paris Région note également que « les demandeurs d’emploi franciliens sont d’ailleurs plus nombreux à déclarer avoir dû renoncer à un emploi du fait de motifs liés à leur profil, à une discrimination relative à leur âge, leur genre ou leur origine (35 %, contre 29 % des demandeurs d’emploi français) ».
► Accéder à la publication de l’Institut Paris Région sur les freins à l’emploi en Île-de-France
Comme partout en France, ces freins peuvent s’accumuler. Examiner les témoignages livrés par les personnes interrogées par le cabinet Elabe est à cet égard révélateur. « J’ai déjà dû renoncer à un emploi qui était situé assez loin des transports en commun sans avoir de voiture, il m’était impossible d’y accéder. Pour la discrimination, j’ai déjà eu plusieurs remarques totalement déplacées sur mes origines ou sur le fait que je n’arriverai peut-être pas à m’intégrer parmi les autres employés. J’ai donc décidé de ne pas donner suite », raconte par exemple une Francilienne de 28 ans interrogée dans le cadre du Baromètre Unédic. Un homme de 30 ans partage avoir « renoncé à tous les emplois de service type serveur, employé de rayons, caissier, à cause de problèmes de dos et de [son] profil ghetto ». Il ajoute qu’il a « renoncé à envoyer des CVs sur Paris car ça ferait un trop long temps de transit et vivre là-bas n'est pas une option pour l'instant (5 ans pour être sur la liste prioritaire des logements sociaux) ». L’Unédic avait déjà exploré les récits de demandeurs d’emploi dans une publication dédiée au cumul des freins à l’emploi.
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Relever les défis périphériques pour faciliter le retour à l'emploi
Opérateur de l’Unédic, France Travail s’attache à repérer rapidement les contraintes personnelles qui peuvent freiner le parcours professionnel des demandeurs d’emploi. Grâce à une qualification précise de ces situations – mobilité, santé, logement, numérique ou accompagnement social – France Travail peut les orienter vers les bonnes structures et leur proposer les aides et les dispositifs les plus adaptés à leurs besoins.
En savoir plus sur : dora.inclusion.gouv.fr et mes-aides.francetravail.fr