Analyses

Contrats courts et Assurance chômage : premiers éléments réglementaires et statistiques

Les partenaires sociaux ont ouvert le 28 janvier 2026 une négociation sur les contrats courts. L’Unédic a, dans ce cadre, mis à disposition de premiers éléments à même d’éclairer les enjeux de ce sujet. Cette étude présente une synthèse de la réglementation actuellement applicable aux contrats à durée déterminée et un point statistique sur les contrats courts en France.

6 février 2026 - Unédic

Le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) est la norme d’emploi en France : près de 8 emplois sur 10 sont en CDI, une part stable sur les vingt dernières années. Les contrats à durée limitée – contrats à durée déterminée (CDD) et intérim – ont cependant connu un essor notable sur la période.

Ce type de contrat se caractérise par un encadrement juridique strict, mais également diversifié en fonction des situations. Les contrats courts prennent différentes formes (CDD « classique », CDDU, contrat d’intérim…), qui répondent à des besoins variés et des objectifs multiples. Pour les employeurs, les logiques et contraintes sectorielles sont hétérogènes. Pour les salariés, le recours peut être ponctuel ou sur le long terme, et répond à des situations différentes.

Les contrats à durée limitée représentent une majorité des embauches

Les contrats à durée limitée représentent en France la grande majorité des embauches : alors qu’en 2024, l’économie française a comptabilisé 46,2 millions d’embauches, parmi celles-ci, 4,4 millions étaient en contrat à durée indéterminée (CDI), contre 21,1 millions d’embauches en CDD et 20,7 millions d’embauches en missions d’intérim. Parmi ces embauches, les contrats courts sont nettement majoritaires.

Au premier trimestre 2025, 81 % des embauches sont des contrats courts (CDD de moins d’un mois ou intérim), contre 76 % au début de l’année 2000. La part a progressé entre 2000 et 2015 (de 76 % à 83 %), puis s’est relativement stabilisée (Graphique 1). On peut également souligner que les jeunes sont sur-représentés parmi les salariés en contrats courts. 

L’Assurance chômage est affectée par le développement des contrats courts

Le développement des contrats courts a des effets multiples sur l’Assurance chômage. Les pertes de contrats courts (CDD < 1 mois ou missions d’intérim) sont à l’origine de 24 % des ouvertures de droit à l’Assurance chômage en 2024 (Graphique 2). La part dans les dépenses est cependant en recul (16% en 2024 contre 22 % en 2000).

Diverses mesures ont été mises en place au cours des 10 dernières années pour tenter de réguler le recours aux contrats courts, portant sur le taux de contribution patronale ou sur les règles d’indemnisation des salariés perdant un contrat court. Les évaluations de ces mesures font apparaître des résultats mitigés. Aussi, la bonne formule reste un sujet ouvert de négociation entre les partenaires sociaux.

Pour en savoir plus : Notre étude comparative sur les contrats courts en Europe